Besoin de contrôle et trading

 

Que sommes-nous d’autre que notre vulnérabilité, notre humanité ou notre animalité ?

Dans son rapport au monde, l’être humain reste incroyablement éveillé, car il a conscience de sa fin, de sa faiblesse, du temps qui passe. Voilà les limites de notre pouvoir, voilà la confrontation à l’âpre réalité : nous avons suffisamment d’intelligence pour avoir conscience de notre insignifiance. Cette conscience de soi se paye par de la peur, de la tristesse parfois, mais elle est aussi la mère du génie créatif, du besoin de s’inscrire dans l’éternité …

Le moyen le plus simple que l’homme ait trouvé pour gérer cette conscience de soi vulnérable, c’est le contrôle, s’il n’est effectif, en tout cas, l’illusion du contrôle ; le besoin d’exercer sa maîtrise sur son environnement immédiat. Pour certains, ce besoin devient dévorant, une bête affamée qui se nourrit de ses propres membres, alors ils donnent la parole aux parties les plus primitives de leur conscience.

Le territoire reptilien et le contrôle

 

Le stress est une réaction physiologique au danger, c’est un moyen de défense qui permet à l’individu de mobiliser ses forces pour rapidement accroitre sa sécurité. Dans l’idéal, nous utiliserions les réactions stéréotypées du stress uniquement lorsque nous sommes face à une réelle menace. Mais en réalité, les choses ne se passent pas tout à fait comme cela.

Dans la nature, l’homme primitif était sur ces gardes, il n’avait ni crocs ni griffes et cette faiblesse physique a rendu l’être humain très réactif. Il avait besoin d’une multitude de réussites pour survivre et un seul échec pouvait lui être fatal. Les temps passent, l’homme se sédentarise et sa vulnérabilité le pousse à renforcer sa sécurité. Aujourd’hui, les hommes ont érigé des sociétés qui protègent leur vie, mais le territoire reptilien reste à l’affut, la biologie évoluant moins vite que la technique. À présent, c’est la perception du danger qui crée généralement le stress et non le danger lui-même.

Le stress survient lorsque nous sommes dans des situations d’absence de contrôle ou d’imprévisibilité ; de manque ou de frustration ; de nouveauté ou de fort enjeu et enfin d’égo menacé. Autant dire que les déclencheurs de stress sont nombreux dans nos vies.

 

La fuite et le contrôle :

 

J’ai l’impression de ne rien comprendre et de ne rien savoir. Tout apparait étrange et menaçant, je cherche des repaires fiables, mais je n’en trouve pas. Je me sens perdu et désorienté, j’ai besoin d’exercer mon pouvoir sur l’environnement pour calmer cette peur. Reprendre le contrôle est le moyen le plus simple pour calmer ma peur, même si cette sensation est un leurre.

 

La lutte et le contrôle :

 

Ce qu’il se produit sous mes yeux est inacceptable et je vais y mettre un terme, quoiqu’il en coute. C’est moi qui décide et je choisis que cette situation doit s’arrêter immédiatement ou que cette personne doit payer pour sa faute. J’exerce ma fureur et je prouve que j’existe. Ma révolte est irrationnelle, mais ce n’est pas mon problème. Grâce à elle, j’ai la sensation d’être le seul maître de ma vie.

 

L’inhibition et le contrôle :

 

Je ne contrôle plus rien du tout, car je n’en ai plus la force, advienne de moi ce que voudra, j’ai perdu la bataille et je suis pétrifié.

 

Le territoire paléolimbique et le contrôle

 

Le soumis et le contrôle

 

Une personne qui a de la soumission a des difficultés à se sentir en sécurité de manière générale. Son besoin de contrôle est réactif à une angoisse profonde : celle de manquer de protection, celle d’être vulnérable. Une personne dans la soumission n’est pas forcément plus faible qu’une autre, elle en a seulement cette sensation, purement instinctive. Contrôler l’environnement devient alors un moyen pour gérer cette sensation de vulnérabilité et pour accroitre sa sécurité. Je me souviens d’une phrase que j’ai souvent entendue: «  À force d’avoir peur qu’il ne t’arrive rien, il risque de ne rien t’arriver»…

 

Le dominant et le contrôle

 

Le rapport entre le dominant est le contrôle est à la fois ambivalent et délicat : contrôler est un dû, une évidence, un postulat de base : le dominant exerce ses droits instinctifs sur l’environnement et il prend pour acquise la soumission du monde a ses désirs, ce qui n’est pas toujours le cas dans la vraie vie et qui engendre de grandes frustrations. Lorsque le contrôle du dominant est mis à mal, il peut vite perdre son calme. Il rentre en lutte en tentant de soumettre l’autre ou la situation à son désir. L’énergie qu’il mettra alors dans son besoin de contrôle est énorme, autant que sa motivation est désespérée. S’il échoue, il peut aussi se sentir découragé et vidé de toute envie, c’est l’inhibition.

 

Le méfiant et le contrôle

 

Le méfiant va exercer son contrôle par l’observation et la préparation. Il n’a pas confiance dans le monde, qu’il perçoit globalement comme hostile. Afin de contrôler son environnement, il sera donc systématiquement sur le qui-vive, très réceptif aux signes extérieurs. Il teste, il réfléchit, il se prépare, il hésite. Pour gérer sa perception du danger, il veut s’équiper un maximum. Le rapport au contrôle du méfiant est donc fondamentalement orienté vers les moyens, qu’il maximise. Il a tendance a oublier que « Le mieux est souvent l’ennemi du bien » et passe parfois à côté de belles opportunités.

 

L’axial et le contrôle

 

Le rapport au contrôle de l’axial est très alambiqué. Dans l’absolu, il n’a pas besoin d’exercer son contrôle pour se sentir serein, pourtant, il n’est pas en reste. L’axial a la sensation de contrôler les évènements rien que par la pensée. Il se sent relié aux autres et au monde et à ce titre, il pense que vouloir suffit pour obtenir. Il vivra évidemment de grandes déceptions et il ne comprend pas comment cela a pu arriver. La vie lui donne parfois des leçons âpres, mais il garde toutefois un rapport décomplexé avec le besoin de contrôle.

 

Accepter de ne pas avoir réellement de prise sur les évènements est angoissant. Notre culture et notre société nous poussent à croire que nous ne devons nos résultats qu’à nous-mêmes et nous avons un grand pouvoir. Pourtant, les marchés sont imprévisibles et plus nous cherchons à exercer notre contrôle, plus nous perdons notre rationalité.

Un trader est un surfer sur la vague d’une économie mondialisée alors le seul contrôle qui lui revient et de prendre la bonne et de sortir du tube au moment le plus opportun. Y aura-t-il de belles vagues aujourd’hui ou une mer d’huile ? Vais-je prendre le risque de m’aventurer dans une mer déchainée ou vais-je faire le choix de rester sur la rive ? En fin de compte, c’est le seul contrôle qui nous incombe…

L’alternative d’un trader stressé

Le stress est une réaction physiologique au danger, c’est un moyen de défense qui permet à l’individu de mobiliser ses forces pour rapidement accroître sa sécurité. Dans l’idéal, nous utiliserions les réactions stéréotypées de stress uniquement lorsque nous sommes face à une réelle menace mais la réalité est tout autre :

« Je n’accepte pas cette situation et j’appréhende le réel avec un état d’esprit erroné »

La fuite :

Vous pouvez être confus et anxieux. Les pensées s’entrechoquent et vous ne savez pas quelle solution choisir. Lorsque vous êtes stressé, le choix vous fait peur et vous voudriez être ailleurs.

La lutte :

Vous avez une colère chaude et explosive. L’impatience, le sentiment de perdre votre temps et votre argent vous énerve et vous avez tendance à faire tapis en hedgeant, en moyennant ou en décalant vos stops.

 

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La fuite: 

  1. Le marché a franchis un seuil de support et vous avez un signal « short », vous rentrez en position. Votre politique de sortie est claire et votre stop sur le dernier plus haut (2). Rapidement, vous avez une perte latente « importante » avec une bougie impulsive qui frôle votre stop mais le marché repart à la baisse, retour sur break-even et léger gain. Vous soufflez, « plus de peur que de mal ». Toutefois, émotionnellement, la bougie impulsive ne sera pas sans impact. Votre rythme cardiaque s’est nettement accru, votre souffle est court, vous transpirez légèrement : vous êtes physiquement prêt à courir. Le marché ne semble pas vouloir choisir de sens et ça vous agace, la pression monte, vous êtes sur le qui-vive.
  2. Le marché approche votre stop, mais il vous a montré quelques minutes auparavant qu’il pouvait très bien repartir à la baisse, comme vous fuyez l’idée de perte, vous reculez le stop et vous attendez.
  3. Le marché part loin, tellement loin ! Que faire ? Couper avec une perte deux fois plus importante que ce que vous étiez prêt à risquer à la base ou rester et prendre le risque que la situation s’aggrave encore ? Vous tentez d’étudier les options mais tout ce que vous voyez, c’est cette perte latente qui monte et qui monte sans cesse. Tous les scénarios passent dans votre tête, des plus délirants aux plus concrets et vous ne parvenez pas à faire le tri. Ce qui est réellement envisageable, ce qui serait judicieux, tout est trouble, c’est la panique.Pendant ce temps, le marché fait son office, il redescend et à nouveau l’espoir renait, il revient sur le niveau du stop initiale et vous vous dites : pourquoi pas ? L’impulsion semble porteuse. Que disent les oscillateurs ? Le marché repart à la baisse. Je ne vais pas couper maintenant, pas après toutes cette attente, pas après toute cette douleur.
  4. Sera-t-il toujours en position à ce niveau, ce trader balloté comme un fétu de paille dans la tempête ? Ce n’est ni son analyse, ni sa rationalité qui en décideront, il est pris au piège de ces peurs et renoncer demande à présent plus de courage que de continuer.

La lutte :

  1. Le marché a franchis un seuil de support et vous avez un signal « short », vous rentrez en position. Votre politique de sortie est claire et votre stop sur le dernier plus haut (2). Rapidement, vous avez une perte latente « importante » avec une bougie impulsive qui frôle votre stop mais le marché repart à la baisse, retour sur break-even et léger gain. Vous avez chaud et vous êtes en alerte. Imperceptiblement, vous sentez que vous êtes d’humeur combattante. « La modération, c’est pour les lâches », vous ne lâcherez pas, votre conviction est claire : ça va baisser.
  2. Vous reculez ou vous annulez le stop, vous vous dites qu’il faut tenir, que ce n’est qu’une question de temps. Vous n’envisagez pas réellement que le marché puisse continuer à monter et vous renforcez votre conviction avec une motivation aveugle. Vous renforcez la position et pyramidez à la baisse, votre exposition est démesurée mais vous n’en avez pas clairement conscience ; vous ne maîtrisez plus votre perte qui augmente au rythme du facteur multiplicateur de votre levier.
  3. Vous vous sentez mal mais vous êtes prêt à combattre jusqu’à la mort. Par moment, vous doutez alors vous rentrez dans un hedge sauvage, réactif, protectionniste. Vous avez des ordres sur plusieurs niveaux et vous ne savez plus à quoi ils correspondent. Ordres à la hausse, ordres à la baisse, stops par ci, par là. Chaque mouvement est une attaque, chaque impulsion une douleur, le marché se bat contre vous mais vous n’êtes pas encore à terre, vous avez encore de l’énergie pour vous défendre et c’est bien ce que vous comptez faire.
  4. Vous avez perdu contre le marché qui vous laisse soit dans une colère noire soit dans une apathie épuisée (inhibition). Faire les comptes maintenant vous est impossible. Vous regardez le montant de votre perte et votre colère s’oriente vers vous. Vous vous maudissez d’avoir été aussi bête et aussi irresponsable. Vous vous sentez minables et ridicule.

 

Gestion du gain en trading

 

En trading, tout ce qui n’est pas gagné est perdu, au même titre que tout ce qui n’est pas perdu est gagné.

Pourquoi est-il si compliqué de laisser courir les gains ?

  • La chimie

La dopamine est un neurotransmetteur directement lié à la sensation de gratification.

La sérotonine : je fais un effort et j’ai la sensation que c’est utile, je secrète de la sérotonine et cela influence directement mon humeur.

L’ocytocine est l’hormone de la tendresse et de la confiance nécessaire pour laisser courir des gains.

Le cortisol, l’hormone du stress.

La testostérone pousse l’individu à élever son statut social, cela peut passer par l’agressivité évidemment, mais aussi par la générosité et l’équité de jugement.

Donc, que se passe-t-il lorsque vous suivez une position gagnante ?

Vous avez attendu un bon signal, vous avez la sensation de faire du bon travail, vous secrétez de la sérotonine. Le gain latent augmente et vous attendez votre shoot de dopamine. Cette attente est déjà un frein pour laisser courir le gain parce qu’en même temps, vous secrétez du cortisol: «  Et si le marché se retourne ? » En en effet, le marché peut se retourner. La sérotonine vous pousse à anticiper le besoin de dopamine et la conscience de la latence du gain secrète du cortisol : vous êtes fébrile. Pour contrer cette fébrilité, la sécrétion d’ocytocine qui va passer par une confiance légitime dans votre target et par une acceptation de soi notamment dans vos failles ou la testostérone, plus masculine, qui va s’appuyer sur une vision de jugement équitable.

 

  • La culture

Les proverbes ont la vie dure : «  Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » «  ne lâche pas la proie pour l’ombre »  «  tout travail mérite salaire » ou le biblique «  tu gagneras ta vie à la sueur de ton front »

Nous sommes baignés dans une idée de justice entre la peine ou le travail fourni et la gratification financière qu’on en retire. Mais en trading, la notion de justice n’apparait que sur le long terme, voire le très long terme, selon votre unité de temps. Nous ne sommes pas préparés pour accepter une justice si différée et nous sommes constamment invités à chercher une justification immédiate.

Aujourd’hui, internet renforce la culture de l’immédiateté, nous donnant encore plus un besoin de justice immédiate.

 

  • La psychologie

Quel que soit le niveau de confiance en soi, cela peut être compliqué.

Le soumis va subir deux leviers majeurs : le premier, c’est qu’il a besoin d’être vite fixé et de retrouver la sensation de sécurité. Le second, c’est le droit de gagner. Quelqu’un qui a de la soumission ne se sent pas le droit de beaucoup gagner sur un trade, il aura tendance à couper parce qu’un gain élevé.

Le dominant lui a des difficultés à attendre, il gagne, il coupe, c’est aussi binaire que cela.

Ensuite, selon votre personnalité, il y a plusieurs valeurs qui vont venir entraver votre capacité à laisser courir les gains.

Le philosophe, qui aime être tranquille peut être tenté de vite couper pour ne pas avoir a vivre avec une position ouverte. Le novateur, qui à grand sens des responsabilités voudra lui aussi couper ses gains. L’animateur, qui a besoin de se sentir libre de détaché de toute entrave voudra lui aussi se débarrasser de cette préoccupation pour faire autre chose. Le gestionnaire a la sensation de privilégier la sécurité en coupant rapidement ses gains. Le stratège, souvent très mesuré, privilégie une approche rationnelle. Le compétiteur a besoin de réussites pour se sentir exister, il aura donc tendance à couper trop vite. Le participatif, qui est doux par nature à peur de la violence de la perte, il coupe les gains. Et le solidaire ne fait pas de trading, donc, peu importe.

 

  • Que pouvez-vous faire pour y remédier ?

Si vous coupez vos gains trop tôt, c’est l’anti-pouvoir de vos pertes que vous plafonnez.

Je crois qu’il y a trois choses à faire concrètement :

La première, c’est une prise de conscience, c’est ce que j’ai tenté de faire aujourd’hui

La seconde, c’est de choisir une unité de temps opérationnelle qui correspond à vos besoins.

Et enfin, la dernière piste, c’est la confiance légitime : vous devez tester votre approche de trading. La confiance légitime se construit et à ce titre, cela demande du temps et c’est un réel choix de votre part. Mais si ne savez pas laisser courir vos gains, qu’avez-vous de mieux à faire pour le moment ?

Maîtriser l’envie brulante

Lorsque nous étions enfants, nous voulions sans compromission avec force et détermination. Capricieux ou boudeur, l’enfant qui n’obtiens pas ce qu’il veut est profondément affecté, jusqu’à ce qu’il se résigne ou qu’il trouve un nouvel objet de désir. L’enfant a cette capacité absolu à vouloir et la force de son envie le tient animé et persévérant au-delà de toute rationalité.

L’adolescent, lui, ne veut plus rien. Long chewing gum désincarné, il erre, nonchalant voire lymphatique de par les rivières et les champs. Son regard bovin nous envoie ce message implacable : « Pas envie ! J’en ai rien à faire ! »

Devenus adultes, nous sommes tous un dégradé des nuances de gris de l’envie. Certains ne supportent que peu de frustration, d’autres parviennent à la gérer avec stoïcisme et recul. J’ai pourtant constaté que l’adulte, dans sa grande sagesse fatiguée, avait souvent perdu sa capacité à vouloir profondément et avec acharnement. C’est normal, le joug du « vivre ensemble » a laissé sa trace et l’homme civilisé a compris que sa liberté s’arrête là où commence celle des autres. Il a essuyé moult refus, moult déceptions et naturellement, il bride son envie, espérant ainsi réduire les frustrations possibles et même probables. Il se protège de lui-même en bridant son enthousiasme afin d’éviter de vivre des retours de bâtons trop durs à encaisser.

N’avoir que peu d’envie protège de la déception alors, on revoit ses ambitions à la baisse, on fait des petits arrangements avec les rêves, on renonce. L’objectif n’est plus vraiment captivant et le sentiment de vacuité qui prend sa place ne donne pas l’énergie pour surmonter les obstacles : sans une envie forte, la motivation est ébranlée.

Quel est le rapport avec le trading ? Devenir profitable en trading, c’est difficile et l’envie farouche d’y parvenir est indispensable pour faire face au travail, aux déceptions et aux doutes. Celui qui ne le veut pas ardemment n’obtiendra pas de succès durable car il ne trouvera pas les ressources indispensables pour surmonter les obstacles. Mais vouloir ardemment ne signifie pas toujours vouloir comme un enfant ingérable. Pour découvrir cette nuance, rendez-vous dans la Chronique psycho du trader… https://youtu.be/-QrDrCtEg4k

Les limites en trading

Pourquoi le trader a besoin de limites ?

En trading, vous êtes seul et vous n’avez aucune autre limite que celle de votre capital disponible. Alors, vous tentez d’apprendre de ceux qui sont considérés comme des experts. Vous suivez quelques analystes, mais les uns disent blanc et les autres noirs. Profiter de l’expérience des anciens est une bonne chose. Si ce sont des anciens, c’est pour une bonne raison. Les traders « encore vivants » au bout de 10 ans ont forcément compris des choses importantes sur le métier.

Pourquoi avez-vous besoin de limites ? Parce que sans limites, vous êtes condamné à la ruine.

La raison tient en un mot: le stress.

Un plan, ce n’est rien de plus que l’organisation de limites porteuses. C’est pour cela que le trader en a besoin. Sans limite, pas de plan, pas de gains.

Profils

Certains ont un rapport plus problématique que d’autres avec les limites.

Pour en étudier les composantes psychologiques, on ne peut pas éviter de se poser la question de l’intention. Ceux qui posent facilement les limites ne le font pas par hasard et ceux qui ont du mal à en poser non plus…

Quelle peut-être l’intention de base de celui qui pose des limites ? Se protéger.

Se protéger de soi, car ils ont déjà eu des leçons , ils ont appris, ils se connaissent et ils tentent de jouer avec les cartes que la vie leur a distribuées. Ils ont donc toutes les chances de trouver des limites porteuses .

Se protéger du monde pour garder une sorte de contrôle sur l’environnement. Mais l’environnement en trading reste incontrôlable. Vous contrôlez vos actions, votre exposition, votre risque, vos entrées, mais vous ne contrôlez pas l’issue du trade et celui qui a besoin de limites pour se protéger du monde a du mal à accepter de lâcher-prise.

Deuxième famille, les phobiques des limites. Excès de confiance rime avec défiance. Ils n’ont pas besoin de limite pour se sentir bien. La vie ou le trading ne leur a pas encore appris que les limites sont nécessaires alors, la liberté est totale. Aux phobiques de la limite qui m’écoutent, cette chronique est faite pour vous et pourtant, elle ne vous servira pas à grand-chose, dans l’immédiat…

Quelles limites poser et comment ?

Vos limites, globalement, c’est votre système de trading et les conditions de sa mise en pratique.

Vous : êtes-vous dans de bonnes conditions pour trader ?

Le marché : Avez-vous des conditions de marché propice pour l’application de votre système ?

  • Définition de votre place dans le marché.                                              
  • Choix d’indicateurs concrets qui vous permettent d’évaluer la configuration de marché.
  • Vous attendez votre signal

Mon risque : Combien vais-je risquer sur un trade ? 

Incoming….

Psychologic analysis of control needs :

 

What are we more than our vulnerability, our humanity or our animality?
In relation to the world, the human remains incredibly aroused because he is aware of its purpose, its weakness, of time passing. These are the limits of our power, that the confrontation with the harsh reality : we have enough intelligence to be aware of our insignificance. This self-awareness is paid by fear, sadness sometimes but she is also the mother of the creative genius, of the need to register in eternity, of protecting our children …

The easiest way that man has found to support this vulnerable self-awareness, is the control, it is effective in any case, the illusion of control; the need to exercise control over their immediate environment. For some, this need becomes devouring a hungry Bete that eats its own members.
Recent advances in neuroscience in the behavioral field allow us to study this report with the control , functioning as a water diving disorders with different levels.

For those who do not know yet my reading model, here is a very quick summary:
Everything the lake bottom, the reptilian territory that aim to protect us from danger by conditioned reflex, is the master of the keys. It has a very simple function:  perceiving whether a situation is dangerous. When this is the case, it triggers an alarm signal, stress, and we have the choice between three stereotyped reflexes:  escape, attack or play dead.

Between two waters, the territory paléolimbique  is to regulate the level of power and instinctive confidence in the group. Man is a social animal, some implicit rules dictate his rights and duties is the herd instinct. Thus, we are positioned at the intersection of two axes: the axis of confidence with few dominant, assertive and submissive; and the axis of trust in the group, with axial, assertive and untrusting. All combinations are possible.

Approaching the surface, neo-limbic territory is the seat of learning, emotions and personality: the decision-making center by default. All as good or bad in part. It is the place of conscious motivations, values ​​and fears. Here we will find what we like to do and what we unbearable.

Finally, on the surface, the prefrontal area, which analyzes the facts. Detached value judgments and primary instincts. Its uniqueness lies in its basic structure: the neurons are well establish more connections than in the lower areas. In constant motion, is an information management center, but it rarely stores nothing and take the decisions, unless we help them a little bit …

To study in detail the report of the man with the notion of control, we will see the different possible positions on each level. Thus, everyone can realize his inner conflicts and why not come to some sort of consensus and relative peace.

The reptilian territory and control

Stress is a physiological response to danger , a defense that allows us to mobilize forces to rapidly increase security. Ideally, we’d use stereotypical reactions of stress only when we face a real threat. But in reality, things do not happen  like that…
In nature, primitive man was on the guards, he had neither fangs nor claws and physical weakness that has made the human being very reactive. He needed a multitude of successes to survive and one failure could be fatal. Time passes, the man became sedentary and vulnerability pushes to strengthen its security. Today, men have erected society that protect their lives, but the reptilian territory remains on the lookout, biology evolves more slowly than technology.

Now it is the perception of the danger which usually creates stress and not the danger itself.
Stress occurs when we are in situations of lack of control or unpredictability;  frustration; novelty or high stakes and finally ego threatened. Suffice to say that stress triggers are numerous in our lives.
When stress signal is activated, we have three stereotypical reactions, flight, fight and inhibition. These three reactions are systematically successive, that is to say that a mammal begins with the leak. If it is impossible or that other components of the personality tend to promote the fight, the individual will quickly go from flight to fight. If it is a failure or that the individual lack of resources in the broad sense, it will then go into inhibition. However, although these three are reflexes time, there is always one which we prefer.

The leak and control:

The leak is characterized by the idea: « I’m out! « I ‘m confused, the heart beats faster, the blood flow in the legs, which increases the feeling confused because the brain is less irrigated. The individual does not know what to do, a whole lot of ideas are running through his head: « Should I do this? No ! It? … And if, yes, but …  »
I understand nothing and  i know nothing. Everything appears strange and threatening, looking for reliable haunts but I found nothing. I feel lost and disoriented, I need to exercise my power over the environment to calm this fear. Regain control is the easiest way to calm my fear, even if this feeling is an illusion…

The fight and control:

The fight is characterized by the idea: « I break! « The ideas are clear: » I will fight as much as necessary! « The heart beats faster and the blood flow towards the shoulders and jaw. The look is right, anger is there, explosive and carrying a destructive force.
What happens  is unacceptable and I’ll stop it, although in costs. It’s my decision and I choose that this must stop immediately and that person has to pay for his fault. I exercise my wrath and I prove that I exist. My revolt is irrational but it’s not my problem. Thanks to her, I have the sensation of being the only master of my life.

The inhibition and control:

The inhibition is characterized by the idea: « I am broken »: I have no idea, it’s the mental blackout, « I am nailed to the floor, face against earth » The heart beats slowly, I have no energy, I’m tired and desperate.
I no longer controls anything at all because I have no strength, come with me what will, I lost the battle.

 

The paleolimbique territory and control

Man is a social mammal and, to regulate its relationship with the group and with the world, it has its herd instinct. This instinct is to create two separate positions. The first creates a natural hierarchy within the group so that each occupies a legitimate and necessary place in the functioning of the community. There are dominant, the submited and assertive. The second defines a relationship to the world in the perception of danger and risk. We will find suspicious, axial and assertive.
The gregarious positioning is both fixed and relative, fixed as it does not move after 20 years, and relative because we are always submited or dominant over another or a situation. Between two dominant for example, roles will alternate.
Operation of this gregarious instinct predisposes the individual so completely irrational to report to the particular control.

The submited and control

A person who has the bid has difficulty feeling  secure. His need for control is responsive to a deep anxiety: that fail to protect , to be vulnerable. Someone into submission is not necessarily lower than another in dominance, it has only the purely instinctive feeling, rightly or wrongly. Control the environment becomes a way to manage this feeling of vulnerability and to increase safety. I remember a phrase I heard often in my childhood: « to be afraid that nothing happens to you, it may not get you anything » is true a little bit of that idea.

The dominant and control

The ratio is the dominant control is both ambivalent and delicate: a check is due, the obvious, a basic premise: the dominant instinctive exercise its rights on the environment and it assumes the submission of the world has its desires, which is not always the case in real life and generates big frustrations. When the dominant control is unsatiated, it can lose control of himself. It can deny the fact , the dominant is the champion of bad faith, denial is then an escape response to this reality that eludes him and stress. Or he can go fight in trying to submit another or the situation to his desire. The energy he then put in his need for control is huge, as far as motivation is desperate. He may also feel discouraged and drained of all desire is inhibition.

The suspicious and control

The suspicious will exercise control through observation and preparation. He has no confidence in the world that generally perceives as hostile. To control his environment, it will be always on the alert, very receptive to external signs. He tests, he reflects, he prepares, he hesitates. To manage its perception of danger, he wants to equip a maximum. He’s oriented to wherewithal, it maximizes. He tends to forget that « the best is often the enemy of good » and sometimes misses great opportunities.

The axial and control

The report to the axial control is very convoluted. In absolute terms, it does not need to exercise its power to feel serene, yet it is not far behind. Axial has the feel of control events just by thinking. He feels connected to others and the world and as such, he thinks simply want to get. It obviously will live great disappointment and does not understand how this could have happened. Life sometimes gives her harsh lessons but it nevertheless retains a relaxed relationship with the need for control.

 

To be continued….

 

 

 

 

 

Renoncer pour gagner en trading

 

Savoir renoncer ? Pour quoi faire ?

Selon la définition, renoncer, c’est se désister de quelque chose, quitter, abandonner la possession, le désir, l’attachement à quelque chose. Dans la religion, renoncer c’est se dépouiller de tout amour-propre.

A priori, le renoncement en trading est occasionnel, lorsqu’une position tourne mal, il faut la couper, il faut se désister du désir de gain et se dépouiller de sa conviction d’entrée. Ceci est exact bien que cruellement incomplet.

A quoi devons-nous renoncer de manière globale en trading ?

  • notre besoin de certitudes
  • nos illusions de nous-mêmes

Sans cela, vous rentrerez en stress, vous tenterez de dominer le marché et vous ne pourrez pas opérer avec rationalité.

Vous devez préserver votre capital émotionnel. Apprendre à renoncer sans douleur vous rendra plus stable et plus fort face aux évènements de marchés et face aux pertes, vous serez plus rationnels dans vos choix, car ils ne seront pas trop parasités pas vos désirs et par votre besoin de possession.

Hyper investissement

Comment être motivé pour apprendre, travailler durement tout en cultivant le renoncement ? Ces deux idées s’entrechoquent tant nous associons une motivation forte à un hyper-investissement.

Si une forme de capacité de renoncement est nécessaire dans la gestion d’une position, l’exigence intellectuelle, mentale et pratique du trading demande une motivation forte pour devenir compétent et pour oser le risque.

Parmi tous les profils que j’ai pu étudier, on retrouve quelques familles d’hyper investissement qui ont tous leur objectif et leur fonctionnement spécifique.

  • La responsabilité
  • Le perfectionnisme
  • Prendre des risques
  • Le dépassement

On va trouver deux leviers bien distincts, le premier est de l’ordre de la sécurité. Le trader sera extrêmement investi dans son travail parce qu’il cherche à accroitre sa sécurité. Ce qui est néfaste, c’est le besoin qui nourrit ces actions, ce besoin de sécurité qui empêchera le trader, en temps voulu de renoncer au gain. Le second levier est de l’ordre de l’identité. Le trader s’investit dans son travail, car c’est un moyen pour lui d’exprimer et de justifier sa valeur et sa place dans le monde. Le trader doit faire le deuil d’une certaine image de lui-même, accepter ses failles, reconnaitre sa vulnérabilité sans pour autant se sentir faible. S’il y parvient, il devient fort de sa faiblesse.

 

Déroulement dramatique

Examinons ce qu’il se passe concrètement lorsqu’un trader ne parvient pas à renoncer.

  • Espoir de résultat

L’incapacité à renoncer est toujours la conséquence d’espoirs décalés et importants : être capable ou de se sentir vivre par exemple. L’espoir est émotionnel par essence et personne ne peut vivre sans espoir. Notre moyen d’action est d’orienter l’espoir vers quelque chose de porteur et non destructeur.

  • Analyse brouillée

Peu importe les informations concrètes que vous avez sur vos graphiques, l’espoir vous fera voir ce que vous avez envie de voir. L’analyse n’est plus un outil concret pour prendre une décision, mais un moyen pour justifier la décision déjà prise.

  • Action biaisée

L’action biaisée est par tous les parasites internes. Aurez-vous raison aujourd’hui ou pas ?

 

Le non-agir

Alors, comment apprendre à renoncer ? Comment peut-on garder la motivation du travail tout en abandonnant l’idée de possession ?

Le seul espoir qui vous appartienne totalement en trading, ce sont vos moyens :

  • Espérer les moyens

Ne pas avoir d’espoir est impossible, avoir des espoirs de résultats ajoute du stress et vous empêche de bien gérer votre capital. Vous devez donc orienter vos espoirs sur vos moyens. « J’agis pour potentialiser mes ressources » et cela passe par plusieurs étapes :

-État des lieux :

Quelles sont mes ressources actuelles ? Ma compétence, mes ressources pratiques, mes ressources analytiques et enfin mes forces et mes faiblesses comportementales.

Je rencontre trop de personnes qui opèrent avec ce qu’ils voudraient être et non avec ce qu’ils sont réellement.

-Que dois-je devenir et obtenir pour maximiser mes probabilités de gains ?

Recherchez le plaisir dans l’apprentissage. Personne n’a de plaisir pour tout, mais il y a forcément une sphère où vous avez plus d’envie : analyse fondamentale, analyse technique, mathématique et statistique, finance comportementale ou philosophie, informatique…

-Préparer le trade :

Vient ensuite l’étape de la prise de position et en amont, l’étude de la configuration de marché. Celui qui ne sait pas renoncer ne sait pas non plus attendre, ça va de pair. Toutes les configurations de marchés ne sont pas bonnes pour vous ou pour votre système et vous avez la responsabilité d’attendre des configurations propices.

Ensuite, il n’y a pas que la configuration de marché, il y a aussi votre état physique, émotionnel et mental. Êtes-vous en capacité de bien opérer maintenant ?

Pour ce faire, je vous invite à rédiger une check-list qui pose l’ensemble des questions nécessaires.

Vient ensuite le signal, que vous prenez conformément à ce que vous êtes prêt à perdre. Ensuite, il se passe ce qu’il doit se passer…

  • Ne rien faire

Vient l’étape la plus simple et aussi la plus dure : Ne rien faire, attendre. Logiquement, vous êtes rentré dans un marché qui offre une bonne configuration, vous avez attendu un signal qui correspond à votre vision du monde et des marchés, vous êtes disposé à perdre ce que vous avez misé et vous avez t configuré des stop cohérents.

Vous êtes stables, vous n’avez plus rien d’autre à faire que d’attendre et de constater.

  • Fin de l’histoire

Le renoncement est lié à l’espoir et au stress. Votre trade  n’est que la chute inévitable de votre histoire et c’est vous qui restez le maitre incontesté du déroulement de l’intrigue.

 

Homéostasie en trading

 

L’homéostasie et le processus de régulation par lequel l’organisme maintient les différentes constantes du milieu intérieur. Par extension, ce sont les caractéristiques d’un écosystème qui résiste aux changements, aux perturbations et conserve un état d’équilibre.

Cette idée illustre les deux principes fondateurs de la réussite en trading : le principe d’équilibre et de résistance aux pressions.

Un objectif porteur pour le trader est donc plus de parvenir à l’homéostasie que de faire des gains à proprement parler, car l’un entraine mécaniquement l’autre. En visant l’homéostasie, vous vous concentrez non pas sur les résultats, qui restent par essence incertains, mais aux moyens de les obtenir.

Quel est l’état d’esprit nécessaire pour être profitable sur le long terme ?

L’envie de travailler et d’apprendre, la prise de recul, la concentration et la capacité à être présent aux configurations de marchés au moment où vous opérez, sans parti pris.

Comment y parvenir ?

L’équilibre est le rapport de force optimal entre différents facteurs : le trader, les marchés, votre système de trading.

 

Le trader

Le trader pers son équilibre dans la perspective de résultat : le gain ou la perte.

La perte représente des illusions perdues, des certitudes ébranlées, des besoins insatisfaits qui engendrent de la frustration, de la peur ou de la colère.

Les illusions perdues concernent principalement les notions de pouvoir et de sécurité.

Il y a  le besoin de gagner et de sortir vainqueur, le besoin de sécurité ou de protection, la certitude d’être capable, de mériter. Dans la famille des besoins, vous pouvez aussi avoir celui de vous projeter sur l’avenir.

De prime abord, le trading parait simple : vous ne devez plus paraitre et vous êtes le seul maître de votre emploi du temps. Grâce au trading, vous êtes exempté des obligations sociales et vous avez une grande liberté. La responsabilité vous revient de judicieusement gérer cette liberté : renoncer à certaines de vos illusions de contrôle, de puissance, de sécurité et à de nombreux besoins mentaux.

Ce qui vient mettre votre homéostasie en péril, ce sont les insatisfactions qui viennent percuter votre équilibre interne. Vous devez abandonner ces velléités pour que votre équilibre dépende d’autre chose, plus en phase avec la réalité de notre métier : la confiance légitime dans un écosystème global.

Pour la résumer à l’extrême, il y a l’axe technique et concret : obtenir la compétence et faire son œil, mettre en place une méthode de travail conforme à vos besoins spécifiques. Ensuite, il y a l’axe mental et organisationnel : certaines illusions devront être abandonnées parce qu’ils sont trop néfastes à vos performances. Si c’est impossible pour le trader, il devra réfléchir à un aspect plus organisationnel en  comblant ailleurs les besoins qui ne pourront jamais être remplis par le trading.

Quels sont les besoins principaux que les traders cherchent à remplir sur les marchés et qui menacent leur homéostasie ?

L’estime de soi vient en haut de la liste. Lorsque vous jouez votre estime de vous sur les marchés, vous avez besoin de gagner pour vous sentir fort et en sécurité, biaisant votre jugement. Une estime de soi bafouée vous déstabilise.

Pour parvenir à l’homéostasie, le trader devra donc, d’une part réduire ses besoins mentaux  quand cela est possible ou pleinement les assouvir ailleurs que dans son trading.

 

Le système

Quel animal est un bon chasseur ?

Une araignée chasse-t-elle mieux qu’une orque? Chacun d’eux chasse ce pour quoi il est prédisposé, dans l’environnement qui lui offre les proies adaptées à ses besoins et à ses capacités.

Cet ordre des choses est le principe même de l’homéostasie pour l’écosystème et c’est ce même principe d’équilibre dans la psychologie du trader.

Vos instincts, votre personnalité, vos besoins délimitent votre système de trading et votre politique de gestion. Tout comme une araignée ne chasse pas de la même façon qu’une orque.

Mais encore faut-il que ce système puisse concrètement fonctionner, et c’est ici que le principe d’homéostasie avec l’environnement commence avec le système qui vous correspond face au marché.

 

Le marché :

La configuration de marché, c’est votre environnement. Certaines configurations économiques ou graphiques sont les premiers indicateurs de votre système. Dans certaines configurations, votre système est performant, dans d’autres non, votre responsabilité est de délimiter ces configurations et de les reconnaitre.

La première étape est de comprendre qui est votre proie et d’en faire son portrait-robot.

La durée du trade induit les ordres de sortie et la fréquence des passages d’ordres :

Certains sont destinés à des trades courts et nombreux, ils ont peu de temps pour la réflexion, ils privilégient instinctivement l’action et ils systématisent leur approche. Ils sont précis et disciplinés, flexibles et très actifs. Ils cherchent les ranges et fuient les mouvements de fond. D’autres prennent moins de trades, ils sont plus réfléchis et ils savent être exposés longtemps. Ils cherchent des mouvements amples, pouvant leur apporter plusieurs dizaines de points.

Ces deux approches sont radicalement opposées et les lieux où les mettre en pratique ne sont pas les mêmes. Selon votre profil de trader, et donc votre système de trading, vous devez rechercher les configurations propices et éviter les autres.

Votre responsabilité et donc de clarifier votre territoire de chasse. C’est la théorie des  dominos : « ce que je suis induit ce que je chasse qui induit l’endroit où je le cherche. »

Perception décalée du risque

Lorsqu’on trade, on voit rarement le risque pour ce qu’il est réellement. Notre personnalité et notre état d’esprit ont un impact important sur notre perception au sens large et une même information sera interprétée différemment selon la personne et selon son humeur du moment.

 

Philosophe

La facette du philosophe a le gout de la simplicité et il n’est pas équipé pour avoir une vision lucide. Il est optimiste par nature ; il a d’ailleurs tendance à le cultiver, car ça lui permet d’aborder la vie avec une certaine légèreté. Ensuite, il aime le calme voir même, la routine. Il s’épanouit dans une vie tranquille et il ne cherche pas de contrastes forts.

Pour appréhender le rapport des philosophes avec le risque, nous devons forcement étudié certaines  interactions possibles.

Un philosophe qui serait aussi novateur ou gestionnaire ou avec un instinct grégaire soumis va largement pencher vers l’aversion. Il aime le calme, il a un grand sens des responsabilités ou il recherche la protection, ce qui le rend frileux. Il privilégie un risque très, voir trop maîtrisé. Il accordera une importance primordiale à sa gestion.

A l’opposé, un philosophe qui serait aussi compétiteur ou animateur ou avec un instinct grégaire dominant prendra beaucoup de risques sans en avoir conscience, il est totalement dans le déni. Une caractéristique du philosophe est son optimisme, s’il est combiné avec un besoin de challenge et de dépassement de soi propre au compétiteur, sa prise de risque est trop forte et inconsidérée. Dans sa gestion, il est réactif et ses choix dépendent de son état d’esprit : soit il est d’humeur tranquille et il gérera son risque avec discernement, soit il se sent vaillant et l’optimisme du philosophe le pousse à prendre beaucoup trop de risques.

Quoi qu’il en soit, la vision du risque du philosophe est par nature fantasmée, qu’elle soit sécuritaire ou agressive, elle reste peu rationnelle et il a naturellement tendance à déformer la réalité.

 

Stratège

La facette du stratège est elle aussi assez ambivalente dans son rapport au risque pour d’autres raisons.

Le stratège aime l’harmonie, l’élégance et la délicatesse. Il a souvent un gout pour l’art et la culture avec une vision grand-angle sur un projet ou sur une problématique. Il est tourné vers l’avenir et vers la construction : le stratège est un bâtisseur et pour ce faire, il a besoin que chaque chose, chaque personne soit à sa place.

Dans sa quête d’harmonie et de construction, le stratège a un vrai point faible en trading, c’est le refus de l’aspect chaotique des marchés.

Les marchés sont chaotiques, aucun intervenant des marchés, qu’il soit humain ou algorithmique ne possède toutes les informations nécessaires pour faire systématiquement des choix cohérents avec la réalité. Des intervenants incohérents mis bout un bout donnent forcément un ensemble chaotique. Les variations de cours ne sont ni rationnelles ni harmonieuses.

Alors le scénario se déroule ainsi:

Premier acte,  le stratège ne l’a pas encore compris et il tente par tous les moyens de rendre un ensemble chaotique prévisible, à la façon d’un maître d’orchestre, il lutte contre moulins à vent. Sa gestion du risque devient alors purement grégaire : soit il est dominant et il prend beaucoup de risques, soit il est soumis et il devient ultra protectionniste.

Deuxième acte, il comprend le chaos environnant, mais il peine à l’accepter alors il cherche des dérivatifs valables.

Troisième acte, si le stratège accepte enfin le chaos des marchés, il aura des armes extrêmement solides pour bien gérer son risque. Le parcours mental, stratégique et technique qu’il aura suivi lui donne des bases très fortes pour être un bon trader et son gout pour l’harmonie adossé son côté pluridisciplinaire sont des fondements solides à une gestion du risque rationnel.

 

Axial

Un trader axial,  qui a une grande confiance instinctive dans l’environnement aura une approche du risque déniée. Il n’a pas forcement de gout pour le risque, c’est juste qu’il ne le voit pas, pour lui ; la vie n’est pas dangereuse, le monde est accueillant et les marchés ne sont pas vraiment dangereux. Son rapport au risque est donc quasi enfantin, il ne se sent pas menacé.

Pour se prémunir du risque et assurer sa sécurité, l’axial devra donc s’appuyer sur d’autres parties de sa personnalité. Pour éviter la ruine et créer une sorte d’équilibre, un trader axial devra donc avoir au moins une des facettes de personnalité qui a une aversion : novateur ou gestionnaire de préférence.

 

Méfiant

Opposé de l’axe dans la confiance en l’environnement, l’instinct méfiant. Ce trader considère le monde comme dangereux, il a naturellement tendance à fantasmer le risque.

Ici, le risque est sublimé comme dans une sorte de fascination. Opérer sur les marchés pour quelqu’un dans la méfiance, c’est un peu comme justifier sa vision du monde. Le trader méfiant comprend bien la dynamique de chaos et elle vient alimenter ce qu’il ressent au plus profond de lui. Le risque réel pour un trader méfiant, c’est de donner trop de place à son instinct grégaire, car il n’est pas rationnel et renvoie le trader vers une gestion purement réactive.

 

Hormones :

Certains positionnements instinctifs viennent déformer votre vision du risque, vous pouvez toutefois en diminuer l’impact.

Les hormones que l’on sécrète mécaniquement ont un impact très fort sur notre perception du risque.

La dopamine et la testostérone accroissent la prise de risque. Un trader qui est dans l’aversion peut apprendre à gérer l’impact de son instinct grégaire en aidant son corps à secréter plus de testostérone.

L’ocytocine est typiquement l’hormone de l’attachement. Plus un individu secrète de l’ocytocine, plus il est capable d’avoir confiance dans l’environnement. Avoir confiance, ça aide à tenir une position, à être discipliné à un système de trading et à garder une vision optimiste de l’avenir. Cette hormone est donc directement liée à notre vision du risque. Un trader qui parvient à accroitre son niveau d’ocytocine régulièrement sera donc mécaniquement plus confiant et plus discipliné. C’est ce que je propose aux traders ayant un instinct grégaire méfiant qui les empêche de tenir une position.

Economie, foule et tendance

Depuis quelque temps, je teste un nouveau mode opératoire avec un horizon de temps plus large qu’à mon habitude. Un horizon de temps plus long induit une exposition plus faible et j’ai fait le choix d’un marché moins volatile que le Dax avec le CAC.

Ces derniers jours, le CAC est clairement baissier, on pourrait même dire qu’il est au fond de la piscine, n’ayant pas atteint ce niveau depuis un an. En toute logique, j’ai donc cherché à comprendre ce qui faisait concrètement baisser les marchés européens. Et rien ! Rien de « spécial » qui pourrait venir clairement entamer la confiance des acheteurs.

Évidemment, quand on cherche, on trouve : certains me parleront de la situation en Chine,  d’autres des prix du pétrole, certains encore évoqueront le recrudescence d’une activité au Moyen-Orient et toutes ces raisons sont valables, sauf que si les indices étaient haussiers, ces mêmes personnes trouveraient des arguments pour en expliquer la cause avec tout autant de zèle et de talent. La situation économique chinoise n’est pas une nouvelle fraiche, le pétrole s’effondre depuis maintenant un an et demi, quant au Moyen-Orient… Bref, nous nous perdons en conjectures et ces arguments ne sont que des tentatives pour rationaliser ce qui ne l’est plus depuis longtemps: la confiance des intervenants des marchés.

Je ne doute pas que la base du processus des vagues haussières ou baissières soit rationnelle et proviens principalement de données fondamentales, mais assez rapidement, le processus se nourrit de lui-même, la chute accélérant la chute.

Tout est question de confiance et de phénomène de foule : les opérateurs fondamentaux et les grosses mains perdent confiance pour une raison plus ou moins légitime alors ils vendent et les indices baissent. Les opérateurs techniques voient leurs moyennes mobiles, leurs oscillateurs ou que sais-je encore, à la baisse, alors ils vendent aussi. Les algo détectent des signaux statistiques ou techniques et ils vendent de plus belle et assez rapidement, tout le monde vend et personne ne sait plus pourquoi.

Beaucoup d’opérateurs cherchent à rationaliser les marchés alors qu’ils sont profondément chaotiques. L’impulsion de base est parfois identifiable et rationnelle, mais ce que les opérateurs font de cette impulsion n’a aucune cohérence et c’est l’incohérence de preneurs d’ordres qui crée la tendance.

C’est comme une foule qui court. Au départ, une femme voit une souris. Elle est phobique et le petit rongeur crée chez elle une réaction impressionnante : un cri à la Hitchcock, les mains dans les cheveux, les yeux exorbités, elle court  pour sauver sa vie de l’ignoble agresseur. Ses copines, qui pensent que c’est une femme sensée déduisent que si elle fuit de la sorte, c’est qu’un terrible danger se profile à l’horizon alors elles ne cherchent pas à comprendre et entament leur course folle. Elles croisent toute sorte de gens, des grands, des petits, des jeunes, des vieux et au fur et à mesure, la panique se propage jusqu’au moment où certains se demandent : « Mais qu’est-ce que je fuis ainsi ? »…