Economie, foule et tendance

Depuis quelque temps, je teste un nouveau mode opératoire avec un horizon de temps plus large qu’à mon habitude. Un horizon de temps plus long induit une exposition plus faible et j’ai fait le choix d’un marché moins volatile que le Dax avec le CAC.

Ces derniers jours, le CAC est clairement baissier, on pourrait même dire qu’il est au fond de la piscine, n’ayant pas atteint ce niveau depuis un an. En toute logique, j’ai donc cherché à comprendre ce qui faisait concrètement baisser les marchés européens. Et rien ! Rien de « spécial » qui pourrait venir clairement entamer la confiance des acheteurs.

Évidemment, quand on cherche, on trouve : certains me parleront de la situation en Chine,  d’autres des prix du pétrole, certains encore évoqueront le recrudescence d’une activité au Moyen-Orient et toutes ces raisons sont valables, sauf que si les indices étaient haussiers, ces mêmes personnes trouveraient des arguments pour en expliquer la cause avec tout autant de zèle et de talent. La situation économique chinoise n’est pas une nouvelle fraiche, le pétrole s’effondre depuis maintenant un an et demi, quant au Moyen-Orient… Bref, nous nous perdons en conjectures et ces arguments ne sont que des tentatives pour rationaliser ce qui ne l’est plus depuis longtemps: la confiance des intervenants des marchés.

Je ne doute pas que la base du processus des vagues haussières ou baissières soit rationnelle et proviens principalement de données fondamentales, mais assez rapidement, le processus se nourrit de lui-même, la chute accélérant la chute.

Tout est question de confiance et de phénomène de foule : les opérateurs fondamentaux et les grosses mains perdent confiance pour une raison plus ou moins légitime alors ils vendent et les indices baissent. Les opérateurs techniques voient leurs moyennes mobiles, leurs oscillateurs ou que sais-je encore, à la baisse, alors ils vendent aussi. Les algo détectent des signaux statistiques ou techniques et ils vendent de plus belle et assez rapidement, tout le monde vend et personne ne sait plus pourquoi.

Beaucoup d’opérateurs cherchent à rationaliser les marchés alors qu’ils sont profondément chaotiques. L’impulsion de base est parfois identifiable et rationnelle, mais ce que les opérateurs font de cette impulsion n’a aucune cohérence et c’est l’incohérence de preneurs d’ordres qui crée la tendance.

C’est comme une foule qui court. Au départ, une femme voit une souris. Elle est phobique et le petit rongeur crée chez elle une réaction impressionnante : un cri à la Hitchcock, les mains dans les cheveux, les yeux exorbités, elle court  pour sauver sa vie de l’ignoble agresseur. Ses copines, qui pensent que c’est une femme sensée déduisent que si elle fuit de la sorte, c’est qu’un terrible danger se profile à l’horizon alors elles ne cherchent pas à comprendre et entament leur course folle. Elles croisent toute sorte de gens, des grands, des petits, des jeunes, des vieux et au fur et à mesure, la panique se propage jusqu’au moment où certains se demandent : « Mais qu’est-ce que je fuis ainsi ? »…

 

Aversion au risque

Perception du risque

Pour bien gérer votre risque de façon concrète et pratique, vous devez avant tout comprendre votre perception personnelle du risque. La gestion du risque financier reste la base d’un bon trading , vous avez donc besoin d’identifier la manière dont le percevez.

La majorité des gens a une aversion au risque plus ou moins consciente. Cette aversion est la conséquence d’une perception irrationnelle de l’environnement et l’inadéquation entre l’individu et la place qu’il prend sur les marchés.

Il y a donc deux actions distinctes pour gérer l’aversion au risque :

  • La rationalisation conscience grâce la compréhension de votre zone de risque personnelle : an trading, vous ne risquez pas que de l’argent, vous risquez aussi l’image que vous avez de vous-même, la confrontation avec certaines peurs ou la remise en cause de valeurs importantes. Il faut débarrasser votre process décisionnel de ces parasites pour rationnaliser vos choix de gestion.

 

  • La mise en place d’une méthode travail qui corresponde à votre identité parce que vous ne parviendrez jamais à rationnaliser votre approche du risque si vous opérez à l’encontre de vos instincts.

 

Le Novateur

Le novateur est une facette qui se sent responsable, il aime la logique et il a souvent une aversion au risque que je qualifie de positive car la motivation de base est souvent porteuse de comportements performants car il prend la peine de mettre en place un systéme de trading complet.

Toutefois, le novateur, qui a le gout du concept et de l’analyse, va chercher l’optimum stratégique sans réfléchir à sa capacité d’application. Il met au point des systèmes viables mais ne parvient pas à les respecter avec discipline.

Pour faire court, dans son rapport au risque le novateur a deux points faibles :

  • Le plaisir dans la recherche et non dans l’application disciplinée d’un systéme, schématiquement, c’est un chercheur éternel.
  • Sa tendance à se sentir coupable. La limite entre responsable et coupable est très fine et le novateur peut facilement se sentir coupable de perdre, ce qui l’amène vers des réactions irrationnelles.

Globalement, un novateur devra travailler en deux temps, comprendre ces leviers personnels tout d’abord et pour un novateur, ce n’est pas évident car il n’a pas de gout pour ça.  Ensuite seulement, il pourra traduire ses besoins mentaux en action concrète de trading.

 

Gestionnaire

Un trader qui a une forte facette de gestionnaire recherche la maîtrise, l’aversion au risque sera systématiquement présente.

Si cette aversion trouve sa source dans de la peur, « il ne supporte pas de se sentir menacé », cela va rapidement l’amener vers une incapacité d’action, il sera tétanisé et ne parviendra plus à opérer. Il faudra avant toute chose réduire le besoin de sécurité et accepter que le trading présente des risques.

Si le gestionnaire a le gout de la maîtrise sans la peur de l’absence de contrôle, c’est plus simple à gérer parce qu’il est moins réactif et moins vulnérable. Il va utiliser cette motivation pour faire rentrer au maximum le trading dans la case de ce qui est prévisible. Quelqu’un qui a ce type de levier sera probablement attiré par du trading algorithmique.

 

Participatif

Le participatif a une certaine aversion au risque parce qu’il aime la douceur et l’harmonie. La violence du trading le pousse dans ses retranchements. C’est aussi une facette sociale, qui a besoin de relations ; pour ces deux raisons, il devra opérer avec une notion de communauté.

Les freins du participatif sont faibles mais il n’a pas de motivations fortes en face. Son principal point faible est donc l’absence de gout pour le trading de manière générale.

 

Soumis

Ceux qui ont un instinct grégaire soumis ont une aversion au risque peu consciente et pour la gérer, il faut avant tout la reconnaitre et l’accepter comme une réalité.

Un  trader dans la soumission devra privilégier un bon risk reward, quitte à faire beaucoup de petites pertes.

 

Se détacher du résultat

 

L’aversion au risque du novateur vient de son gout pour la logique et de son sens des responsabilités. Celle du gestionnaire vient de son besoin de maîtrise. Le participatif a besoin de douceur et l’instinct grégaire soumis cherche la protection. On ne va pas gérer toutes ces motivations de la même façon.

Pourtant, il y a une chose commune à toutes ces personnes, c’est l’implication émotionnelle dans le résultat immédiat. Plus vous serez investi dans votre résultat, plus vous aurez besoin de bonne performances, plus votre aversion au risque va augmenter, vous poussant vers des attitudes néfastes à votre mental et à vos performances.

C’est le temps et la loi des grands nombres qui apportent une sorte de justice. Pour gérer votre aversion au risque vous devez impérativement vous détacher du résultat immédiat.

 

Régularité en trading et instinct grégaire

L’instinct grégaire est le rapport qui unit l’individu au groupe. Afin qu’un groupe subsiste et pour limiter les luttes de pouvoir perpétuelles, il a besoin de dominants, ce sont des protecteurs ; de soumis qui recherchent la protection et qui font fonctionner le groupe, d’axiaux qui ont une grande confiance dans le groupe et qui sont utiles à la cohésion générale et de marginaux qui restent en marge du groupe, ils sont attentifs aux dangers potentiels. Enfin, on trouve quelques rares assertifs ; ils sont totalement en dehors du rapport de force, autonomes, ils n’attribuent aucune confiance ni méfiance à priori, leur instinct grégaire est comme en sommeil.

L’individu se positionne instinctivement sur ces 2 axes distincts :

La confiance en soi : Dominant – assertif- soumis

La confiance dans l’environnement : Méfiant- assertif – axial

 

Confiance en soi :

À l’âge adulte, cet instinct est fixe et relatif. Fixe, car l’empreinte cérébrale est définitive à partir d’une vingtaine d’année, et relative, car le niveau de droits est toujours en relation avec un autre : « je suis soumis par rapport X et dominant par rapport à Y. »

En trading, le dominant ultime, c’est le marché, il a tous les droits et le niveau de confiance en soi jouera un rôle majeur dans la politique de gestion.

Vous êtes face à une alternative :

  • Privilégier un bon pourcentage de trades gagnants et un risk-reward agressif
  • Privilégier un risk-reward sécuritaire et avoir un faible pourcentage de trades gagnants

Ce n’est pas vous qui choisissez ce pour quoi vous êtes faits, mais votre instinct grégaire.

 

Dominance :

Un individu dominant aura beaucoup de droits et peu de devoirs. Il saura prendre des risques, il sera plus pugnace et rebondira plus facilement après un échec. Pourtant, il va aussi avoir de gros points faibles: refus de se tromper, prise de risques irrationnelle pour les principaux.

Quand il va rentrer en stress, souvent, le dominant aura un réflexe de lutte, ce qui va accroitre ces points faibles.

Dans son rapport à la perte, le dominant est dans le refus, il faut donc que ces pertes soient rares mais elles peuvent être importantes, car il a la capacité de vivre avec violence. Ce qui ronge le dominant, ce sont les petites pertes répétitives, il devra avoir souvent raison pour acquérir une certaine discipline.

Dans ces choix de gestion, un dominant devra privilégier un bon pourcentage de trade gagnants et un risk-reward agressif.

 

Soumission :

À l’opposé, celui qui a beaucoup de devoirs, un soumis aura plus de difficultés à trouver l’impulsion pour aller au combat. Plus précautionneux, il aura besoin de se rassurer avec l’acquisition de fortes compétences. Il va tenter de trouver un moyen de se protéger des marchés.

Autre aspect délicat avec quelqu’un qui a de la soumission, c’est le droit de gagner, il peut ressentir une sorte de culpabilité face aux gains et alors, il a tendance à se saborder avec des prises de risque brutal.

Le réflexe de stress privilégié est la fuite et après une grosse perte, il entre en inhibition et ne trouve pas l’énergie pour retourner sur les marchés.

Un  trader dans la soumission devra donc privilégier un bon risk reward, quitte à faire beaucoup de petites pertes.

 

Confiance dans l’environnement :

La confiance dans l’environnement est elle aussi fixe à l’âge adulte. On a les méfiants et les axiaux. C’est le rapport que l’on entretien instinctivement avec le monde : il peut être perçus comme bienveillant, ou, à l’opposé, hostile.

Le niveau de confiance dans l’environnement est très important en trading, car il va conditionner votre vision du marché et la place que vous allez y prendre.

C’est ce niveau qui va définir la vision d’entrée du trader :

  • Les contrarien qui vont opérer les corrections de marché et les retracements
  • Les suiveurs de tendance

 

Méfiance :

Une personne dans la méfiance à peu de sentiment d’appartenance, le groupe est perçu comme une masse limite inquiétante. C’est une personne observatrice et souvent en retrait.

Ces capacités d’observation sont un gros point fort et il acquiert vite de la compétence. Par contre, comme tout excès, trop d’observation peut vite devenir préjudiciable, car c’est un frein à l’action et il peut devenir très réactif dans la gestion de ses positions.

Un trader dans la méfiance est prédestiné aux approches contrariennes.

 

Axialité :

Une personne dans l’axialité voit le monde comme une infinité d’opportunités. Pour lui, la vie est une fête. Il aime que les choses soient simples et qu’elles aillent de soi. Une personne dans l’axialité a peu le sens du travail, elle est dans le plaisir ce qui est un frein à l’acquisition de compétences.

D’un autre côté, un trader axial est peu réactif à la perte qu’il considère comme un détail.

Pour toutes ces raisons, Le trader axial devra travailler en suivi de tendance.

 

Vision de soi faussée :

Ce qui est vicieux avec l’IG, c’est que nous avons généralement tendance à mal nous positionner, car il est peu conscient : c’est difficile de savoir ce que nous sommes réellement.

De plus, l’instinct pousse dans la mauvaise direction :

Le besoin d’avoir raison du dominant le pousse à choisir un bon risk-reward alors qu’il a besoin d’un bon pourcentage de trades gagnants.

Le besoin de sécurité du soumis l’oriente vers un fort pourcentage de trades gagnants alors qu’il ne sait pas gérer un risk-reward agressif

Le méfiant s’orientera à tors vers du suivi de tendance, pensant maximiser ses chances et l’axial peinera à acquérir la compétence nécessaire au suiveur de tendance.

 

Résumé :

Donc pour résumer, on peut dire que :

Le dominant doit privilégier le pourcentage de trades gagnants au détriment du risk reward

Le soumis doit privilégier le risk reward au détriment du pourcentage de trades gagnants

L’axial doit opérer en suivi de tendance et généralement en swing ou long terme

Le méfiant doit opérer en contrarian et généralement en court terme

 

Les interactions :

Nous nous positionnons sur les 2 axes de confiance ; nous pouvons donc être :

Dominant-méfiant : Besoin d’un fort pourcentage de trades gagnants sur des approches contrariennes

Dominant- axial : Besoin d’un fort pourcentage de trades gagnants sur du suivi de tendance

Soumis-méfiant : Besoin d’un bon risk-reward sur des approches contrariennes

Soumis-axial : Besoin du bon risk-reward sur du suivi de tendance

Pour étudier les interactions avec d’autres aspects de votre personnalité, je vous invite à réaliser un profilage personnalisé.

 

« The Big short » et l’instinct grégaire des traders

Avant toute chose je souhaite à tous les lecteurs de Neuro-trading une belle année 2016.

Avant les fêtes, j’étais invitée à l’avant-première parisienne du film « The big short », que j’ai beaucoup apprécié au demeurant. Pour le sujet qui nous occupe en ses lieux, un point a particulièrement attiré mon attention : l’instinct grégaire de l’ensemble des traders du film.

Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous situe l’action : Le film décrit l’histoire de plusieurs traders qui ont shorté le marché immobilier américain (les subprimes) entre 2006 et 2008.

A cette époque, la quasi-totalité des financiers de la place (banquiers, gérants de fonds, agents de notation à la solde des banques, analystes…) soutenait mordicus que ces produits hybrides, toxiques et en dehors de toute logique cartésienne, ne pouvaient pas s’effondrer. Des personnes instruites et compétentes, souvent outrageusement rémunérées ne comprenaient pas qu’un marché ne pouvait pas monter indéfiniment : ubuesque ! La bulle immobilière finit par éclater et la suite, on la connait, nous y sommes encore englués…bref !

A la base Michael Burry (Christian Bale), un gérant de fonds fantasque « prophétise », chiffres à l’appui, la chute du marché. En 2006, il crée un produit spécifique qui vise à shorté le marché et il mise tout là-dessus. Dans son sillage, plusieurs protagonistes font de même, chacun avec leur histoire. Le temps leur donnera raison, mais les mois, voir les années qui passent mettent leur conviction et leurs nerfs à rude épreuve. Sans dévoiler le film, ce qui ne serait pas très sympa de ma part, je vais revenir sur deux points :

  • L’instinct de base qui leur a permis de faire jackpot
  • La gestion de l’attente

 

L’instinct de base :

Si l’histoire et les personnalités de tous ces personnages sont bien spécifiques, je retrouve un point commun très important : l’instinct grégaire méfiant.

En effet, un ensemble d’indicateurs comportementaux montrent qu’ils ont tous un taux de méfiance important dans l’environnement, qu’ils perçoivent comme hostile et dangereux (ce qui ne les empêche pas d’agir…)

Cet instinct grégaire méfiant leur confère plusieurs qualités : capacité d’observation, forte résistance à l’opinion dominante et développement d’un avis personnel, absence de besoin d’adhésion ou de cohésion avec le groupe en général, motivation forte pour chercher des réponses. Par effet miroir, des points faibles sont aussi bien présents : réactivité forte à tout ce qui vient remettre en cause leur conviction, forte propension au stress, sentiment de solitude et d’abandon.

De façon plus générale, ce film illustre une idée que je vais développer demain dans la chronique psycho de DailyFX : la prédisposition des traders qui ont un instinct grégaire méfiant à des approches de trading contrarian.

Le contrarian joue la correction de marché ou le revirement de tendance. Temps qu’il reste sur des unités de temps réduites et que son exposition est raisonnée, c’est une approche comme une autre bien qu’elle nécessite une vision particulière du monde.

Toutefois, sur des UT plus larges ou avec une exposition forte, ce système de travail provoque une réelle angoisse…

 

La gestion de l’attente

En visionnant le film, j’avais mal pour eux tellement je comprenais la souffrance qu’ils devaient endurer dans l’attente.

Certains d’entre eux ont dû tenir presque deux ans… Je ne veux pas vous dévoiler les leviers de l’action alors, je vais rester circonspecte et je reste concentrée sur les leviers mentaux.

Un trader qui a beaucoup de méfiance grégaire est naturellement réactif aux évènements extérieurs. C’est un guetteur, je le répète et il paie le prix de ces qualités : une vision inconsciente peu optimiste et la sensation que les choses peuvent mal se passer. Si l’on ajoute à cela le temps qui passe, les informations contradictoires et la pression financière, on en arrive à des situations très difficilement gérables mentalement.

Alors comment ont-ils fait pour tenir ?

Il y a plusieurs leviers :

  • L’analyse factuelle et « scientifique » de nombreux paramètres : économiques, sociaux, financiers… La recherche d’information, la curiosité au sens large.
  • La logique terrienne : L’état actuel du marché est une hérésie, cela ne peut pas durer longtemps (approche fondamentaliste)
  • La protection dans les moments de doute : certains, qui avaient une conviction moins forte ont cherché à se couvrir.
  • Le choix des influenceurs : Burry (celui qui a la conviction la plus forte) finit par refuser d’écouter certaines personnes. Il est tellement exposé qu’il ne peut pas sauter du train en marche et que son rejet des opinions contraires est le seul moyen de protéger son mental.
  • La recherche de sens : Certains traders s’appuient sur leurs valeurs pour justifier la prise de risque : l’attitude des banques de crédit (taux variable) les écœure et ils ont le sentiment de mener une croisade.
  • Une vision grand-angle et un détachement sur son destin personnel : «  qu’importe mon destin personnel, si j’ai raison l’économie va s’effondrer et ce n’est pas souhaitable»
  • La sensation d’être dans le bon camp : c’est un film Américain, alors on retrouve cette vision très marquée du Bien et du Mal : « Les banquiers et les agences de notation sont très méchants et nous sommes très Gentils »
  • L’acceptation de la ruine : Il en vient un moment où plus personne n’y croit et lorsqu’un fond est largement exposé, vient le moment où le trader se dit qu’il est foutu et où il accepte son sors, de guerre lasse.

Conclusion

Si vous êtes toujours en train de lire cet article, c’est parce que le mental du trader vous intéresse, alors un seul conseil : allez voir ce film, il sera probablement porteur d’une réflexion constructive sur votre propre façon d’opérer.

 

De l’espoir à l’obsession en trading

 

L’espoir

 

Pour résumer, nous dirons que l’espoir positif à 3 caractéristiques:

  • il est identifié, nous avons conscience de ce que nous espérons.
  • il est important sans être exigeant.
  • il est fondé sur l’expérience.

L’espoir a 2 faces, il est à la fois pourvoyeur d’énergie et de motivation, mais il peut aussi devenir tyrannique et vous empêcher de prendre les bonnes décisions.

 

Espoir et conscience

 

De prime abord, lorsqu’on vous demande pourquoi vous faites du trading, la réponse est unanime : pour gagner de l’argent ; et pourtant, il y a bien d’autres choses qui se jouent plus ou moins consciemment avec ce choix. Il y a beaucoup de moyens de gagner de l’argent, alors pourquoi celui-ci ?

C’est important de savoir clairement ce que vous venez chercher sur les marchés, car c’est cela qui sera touché lorsque vous devrez gérer une position problématique ou lorsque vous ferez une perte. Avoir conscience de votre « espoir caché » vous permettra d’agir avec plus de responsabilité et de discernement.

 

L’espoir est important

 

Un espoir qui vous importe est porteur de motivation et de résistance. Il faut toutefois faire la distinction entre un espoir conscient et un désir, car ce dernier vous empêche de bien gérer vos positions. Lorsque l’espoir devient une exigence de résultat, le trader pers sa capacité d’analyse et devient le jouet de ses instincts et de sa biologie.

 

L’espoir est fondé sur l’expérience

 

Un espoir conscient et rationnel est fondé sur des faits, et non sur des fantasmes. Vous aurez besoin de confronter vos attentes au principe de réalité (backtest, reporting) pour que vos attentes de trading soient réalisables concrètement et non des chimères.

 

Les switchers

 

Lorsqu’il manque un de ces 3 éléments, le trader devient un switcher, c’est-à-dire qu’il change régulièrement de stratégie et de vision sans s’être réellement donné les moyens de progresser et de réussir.

 

Espoir, doute et peur

 

L’espoir engendre forcément du doute, c’est humain et le nier pousse à rentrer dans un déni qui n’est pas constructif. La suite logique au doute, c’est la peur.

Au même titre que l’espoir de façade est de gagner de l’argent, la peur de façade est d’en perdre. Pourtant, ici aussi, des aspects beaucoup moins conscients se jouent sous la surface avec la peur de se tromper et le besoin de certitudes.

 

Peur de se tromper

 

Prendre une perte peut venir bousculer le trader dans l’estime qu’il a de lui-même, ce qui est profondément désagréable dans une époque où l’individu se juge à l’aune de la viabilité de ses choix : « si je fais de bons choix, j’ai de la valeur, si je me trompe, ma valeur individuelle baisse.»

Cet impératif de prouver sa valeur empêche le trader de couper des pertes et le pousse à rentrer en « mode espoir.»

 

Besoin de certitudes

 

Globalement, le besoin de certitudes est lié au besoin de sécurité. L’homme moderne est profondément vulnérable dans sa psyché, car il est plus libre qu’il ne l’a jamais été. Cette liberté donne des droits, mais aussi des devoirs et cet ensemble est parfois compliqué à gérer, surtout lorsqu’il s’agit de la ressource principale et indispensable à notre sécurité : l’argent.

 

Lorsque l’espoir devient une exigence, le trader à tendance à avoir…

 

Un excès d’engagement dans son trading

 

Échelles de temps de l’engagement

 

Il y a 2 types d’engagements :

  • de fond : je pense au trading en permanence (ou pas loin.)
  • Conjoncturel : je suis tellement engagé émotionnellement dans une position que je ne parviens pas à la clôturer (alors que je devrais.)

 

Le plaisir

 

« Je pense au trading en permanence parce que j’adore ça »

Ici, le résultat n’est pas vraiment important, car c’est le plaisir de trader qui prime. Cet état d’esprit existe, mais il reste assez rare, généralement, vient se greffer…

 

… Le besoin de bons résultats

 

En trading, il faut absolument se détacher du résultat immédiat qui ne nous appartient pas et qui n’est pas « juste »

C’est la loi des grands nombres qui prime : si je travaille bien,  sur un large éventail de trades, je serais gagnant et si je laisse libre-cours à mes peurs ou mes fantasmes, je serais perdant.

Lorsque le trader a besoin de bons résultats dans l’instant, il peine à se détacher de l’émotionnel et il ne peut pas construire un travail stable.

 

Mécanismes de compensation

 

Lorsque les résultats sont décevants et frustrants, le trader peut avoir l’impulsion de s’investir encore plus, ce qui va accroitre ses attentes et il rentre dans un cercle vicieux qui l’empêche d’opérer avec discernement.

 

Estime de soi

 

Généralement pas identifiée, cette raison d’un engagement excessif en trading est extrêmement préjudiciable tant le besoin de gagner est impérieux à l’individu qui va osciller entre des périodes d’euphorie et de profond désespoir.

 

Pourquoi l’excès d’engagement est préjudiciable ?

 

  • Incapacité à couper les pertes
  • Perte de connexion avec l’entourage
  • Perte de concentration de façon générale
  • Cercle vicieux qui s’autoalimente et qui peut engendrer

L’addiction, l’obsession du trading

Mécanismes de l’obsession

 

  • Recherche de plaisir : Opérer provoque des shoots hormonaux, renforce artificiellement l’estime de soi et donne une sensation de puissance et de facilité.

 

  • Recherche de soulagement : Opérer n’est pas si simple et la prise de conscience est brutale, le trader cherche à retrouver les sensations d’aisance qu’il a déjà connue.

 

  • Perte de contrôle : La recherche du plaisir et du soulagement devient de plus en plus présente et il perd peu à peu le sens des réalités.

 

Symptômes

 

  • Perte de contrôle soi avec un comportement compulsif et fébrile. Les choix ne sont plus dictés par l’analyse, mais par le besoin obsessionnel.

 

  • Le trading prend toute la place dans votre vie ; le trader fait moins attention à son travail, à sa famille et à ses amis. Dès qu’il a un moment, il va voir ses graphiques et il rentre en position alors qu’il n’est pas dans de bonnes conditions pour trader.

 

Causes

 

  • L’instinct grégaire : Plus un individu a un instinct grégaire marqué, quel que soit son positionnement, plus il est vulnérable aux principes addictifs

 

  • Manque de capacité à préfrontaliser : Difficulté à prendre du recul de manière générale, sensibilité aux émotions.

 

  • Les routes neuronales : Ceux qui ont connu une addiction avant l’âge de 25 ans y sont plus sensibles

 

  • Lavage de cerveau : Tendance à se mentir à soi-même, a ne pas regarder la vérité en face et à subir un excès d’engagement.

 

Solutions

La célébration de la vie

Bonjour,

En ce lundi 16 novembre 2015, je me suis demandé s’il était judicieux ou normal d’écrire. Après tout, Neuro-trading ne traite pas de politique ou d’économie ; Neuro-trading n’est pas un blog de développement personnel qui viserait à vous aider à réussir votre vie au sens large ; Neuro-trading a l’identité vacillante et incertaine de ceux qui se positionnent à la croisée des mondes, alors le doute s’installe et malgré l’envie, je me disais qu’un article sur les évènements tragiques de ce week-end n’avait pas sa place ici.

Et puis, j’ai envoyé valser les doutes parce qu’au fond, je ne souhaite pas attirer le plus grand nombre, mais seulement ceux qui partagent une vision du monde, l’envie sincère et profonde d’évoluer et la motivation pour se mettre en marche.

Alors me voilà pour cet article « hors-série » et j’avoue qu’au moment où je tape ces lignes, je n’ai ni plan clair ni concept réfléchi de ce qui va suivre, les mots coulent comme une évidence, on verra bien…

Ce week-end, en rencontrant des amis et connaissances de région parisienne, en traînant sur les réseaux sociaux, j’ai vu de la peine, de la colère et de la peur ; moi, je ne ressentais que du vide. Un vide laissé par l’abandon d’une sécurité que je savais pourtant illusoire, un vide laissé par la fatigue anticipée des difficultés à venir, un vide face à l’ampleur tragique des réactions de défenses individuelles basées sur le catastrophisme ou sur l’appel à la guerre.

Dans les yeux de gens, un fatalisme résigné ou placide, une révolte brûlante qui tend à faire des généralités dangereuses, un constat d’échec : « nous sommes pourtant les gentils de l’histoire, pourquoi nous attaquer ? »

Passons le deuil des familles, passons le djihad ou les détails sordides d’un massacre et concentrons-nous sur les motivations réelles des kamikazes, sur la facilité avec laquelle ils sont recrutés. Dans une société en mal de repères, que ce soit familial, religieux ou idéologique, certains se retrouvent sur le bas-côté, sans aucun but et sans identité. Cette jeunesse sans visage est le terreau de notre perte, on ne peut pas lutter contre ceux qui n’ont rien à perdre…

Hier encore, les individus payaient cher le poids de leur appartenance. On se mariait dans sa rue, on reprenait le métier du père, on se pliait aux exigences communautaires et si dans notre vision moderne, cela manquait de liberté de choix et d’opportunités réelles, force est de constater que cela donnait un ensemble solide, les laissés pour compte étaient rares.

En deux ou trois générations, toutes ces contraintes se sont évaporées et nous voilà avec une liberté parfois bien encombrante : certains ne savent pas la gérer et peinent à s’adapter. Ils sont désorientés et la liberté d’être, de construire et de trouver sa voix devient un labyrinthe obscur et menaçant. Alors, quand quelques fous viennent apporter des réponses stables à cette jeunesse perdue, elle les suit, ne voyant pas en eux des grands méchants loups, mais la lumière d’un haut delà riche de ses dix milles vierges, la promesse évidente qu’en participant à la guerre sainte, ils auront une place et ils obtiendront reconnaissance.

Une solution à tout cela ? À court terme, il n’y en a pas. J’avais déjà écrit cette phrase : «  Les arnaqueurs ont toujours une longueur d’avance sur les experts, c’est qu’ils n’ont pas besoin de devenir compétents avant d’agir. » On retrouve un peu cette idée. La solution, je crois, passe par l’éducation, celle des candidats au djihad qui doivent trouver leur place et leur identité dans cette société de libertés individuelles ;  celle de ceux qui se sentent meurtris et qui répondent par la colère. Demain, dans les urnes, ils vont se ruer sur le front national qui thésaurise l’idée d’exclusion et de clivage dans une France par définition métissée.

C’est drôle comme cette phrase antique revient comme la seule solution que je crois universelle : «Connais-toi toi-même ! »

En attendant, Français de souches ou Mélangés, chetiens, juifs, muslims, athées; je vous donne une phrase qui me poursuit depuis hier:  » La meilleur réponse à l’idéologie de mort et la célébration de la vie », au travail!

L’animateur ou la quête permanente

Dans les 8 facettes de personnalité du modèle du neurocognitivism, il en est une qui est particulièrement ambivalente, en trading comme ailleurs : c’est l’animateur.

Quel est le visage d’un « full animateur » qui n’existe pas concrètement, car nous tous, tels de sulfureux Mister Grey qui jouent à cache-cache, sommes composés de multiples nuances de plusieurs facettes ? Mais admettons, à quoi ressemblerait la caricature ambulante d’un animateur à 100%?

L’animateur est sympathique, très créatif et « légèrement » remuant. Touche à tout et bon à rien, l’animateur est avant tout curieux, c’est l’homme aux mille visages en quête éperdue de nouveauté, d’action, de liberté. Constante ébauche de lui-même, on peut le trouver instable, versatile et insaisissable. Il faut dire qu’il est souvent dur à suivre et le pire, c’est que ça l’amuse. Identité plurielle, il ne s’épanouit que dans le provisoire et rechigne à construire durablement une prison, fusse-elle dorée.

Amateur de sensations fortes, en trading, il aime voyager léger et sauf avis contraire, une position ne dure pas longtemps. Pour lui, tout cela n’est pas vraiment sérieux et son rapport au risque subit l’ambivalence de ces gouts variés ; tantôt décontracté et paisible, tantôt avide de l’extrême, il aura toute les peines du monde à se conformer à un système de travail et à une politique de risque. Sa gestion suit les nuages, le vent, le rythme de la musique. Pour lui, la routine opérationnelle est d’un ennui mortel et s’il ne vit pas intensément ailleurs que devant ses écrans, il se lassera vite d’être sérieux. Plus que tout autre, l’animateur a besoin de faire autre chose à côté.

Ses passions ? En a-t-il vraiment ?  Toutes subissent un délai légal de péremption au-delà duquel il devient difficile de se motiver, à moins que… À moins qu’il ne renouvelle sans cesse son gout par des variations, des adaptations, des innovations. L’animateur aime le fun, ambiance tatanes et aucun code de conduite ne trouve définitivement grâce à ses yeux. D’ailleurs, franchement, vous qui êtes probablement un peu animateur pour lire cet article, que pensez-vous de ce mot : « Définitif » ? Il vous donne des frissons ? Normal, pas de panique. Les passions disions-nous ? L’animateur aime l’art, surtout le théâtre où il fait volontiers le pitre ; il a besoin de rencontres, de voyage, d’espace. Il entend de la musique ? Il se met à danser, il arrive dans un nouvel endroit ? Il veut tout savoir et tout faire, il est toujours partant : épuisant !

S’il part avec de vrais handicaps en trading, surtout dans son rapport très détendu avec les règles, il est aussi profondément armé : adaptable à l’infini, sa curiosité et son ouverture d’esprit le rendent profondément compétent face à l’imprévu qu’il gère avec une main de maître. Son gout pour la technologie lui permet de trouver des solutions innovantes et inédites aux problèmes qu’il pourrait rencontrer. Il a peu de barrières mentales et il s’en sort toujours, à condition qu’il le veuille.

Et c’est ici que ça coince souvent pour un animateur : tout le lasse et il n’a parfois pas le temps de devenir vraiment compétent avant de passer à autre chose. Alors tout porte à croire que le trader animateur malgré ses innombrables talents ne fera pas de vieux os… !

Pourquoi je ne publie pas mes perfs?

Certains lecteurs me disent que publier mes performances augmenterait ma crédibilité. Afin de clôturer le débat, j’apporte une réponse publique.

Je ne publie pas mes perfs en manuel pour plusieurs raisons :

  • Pour vivre heureux, vivons cachés :

Afin d’avancer dans l’activité de coaching et de formation qui me passionne, je suis dans l’obligation de m’exposer. J’ai un plaisir immense à diffuser le modèle du neurocognitivism au monde du trading. La ressource majeure pour développer cette activité est la diffusion de cette compétence spécifique : je communique donc sur le net exclusivement sur un état d’esprit, une approche psychologique et opérationnelle du trading. Ces partages sont une motivation supplémentaire pour évoluer dans ce domaine d’étude. Mon but n’est pas l’exposition en tant que telle, c’est un passage obligé pour progresser et développer une activité complémentaire.

  • Facteur stress :

Comprendre le fonctionnement de certains leviers comportementaux ne me permet pas de m’en exempter totalement même si j’y travaille. Rendre mes performances publiques augmente le facteur stress et influence mes décisions. Certains ne publient que leurs bons trades en disant : « Regardez comme je suis bon ! » C’est du mensonge ni plus, ni moins. Il y a quelques années, je publiais mes trades en direct et cela ajoutait de la complexité inutile. Je n’ai pas l’objectif de gérer des fonds clients en manuel, il n’y a donc aucune raison que je publie mes résultats.

  • Aucune valeur ajoutée, perte de la problématique :

Je n’ai jamais eu la prétention d’être un trader génial ou une analyste visionnaire. Je fais mes 2 heures de trading pépère et ma compétence en analyse technique est réduite au strict minimum, je n’ai jamais menti sur la marchandise. Lorsque j’utilisais mon compte à titre d’exemple pour appuyer des idées sur la psychologie, on me répondait « indicateurs », « analyse fondamentale », « chartisme » le débat se perdait considérablement dans de la stratégie. Mon sujet est la psychologie et le comportement, pas l’analyse des marchés. Au niveau analyse et stratégie, le net regorge de gourous plus ou moins compétents et je n’ai rien à apporter de particulier là-dessus. J’ai choisi de miser sur mes points forts, d’apporter une vision originale et porteuse au risque de me démarquer de ce que font la majorité des autres. J’assume ce choix, tout simplement

  • Sortie de la zone de concurrence

Mon but est d’aider mes clients à développer leur trading, pas à diffuser ma manière d’opérer.  J’ai mes propres instincts, ma propre personnalité et mes impératifs personnels, tout comme vous. Publier les perf engendre toujours une comparaison : « elle performe plus que Machin, moins que Bidule, donc son message est viable… ou pas.» Là n’est pas la question, je ne cherche pas à rentrer en concurrence avec qui que ce soit, mais à appliquer un modèle humaniste et à le mettre en pratique concrète pour que mes clients puissent faire au mieux avec ce qu’ils sont.

 

Mon métier de coach s’est quasiment imposé à moi, de par mes gouts tout d’abord et par opportunité ensuite. Lorsque j’ai commencé à partager des articles sur le net, il y a environ 4 ans, c’était dans le but de structurer ma réflexion et de profiter des retours que j’obtenais. De fil en aiguille, j’ai compris que je pouvais aider certaines personnes et que ça me plaisait beaucoup alors c’est tout naturellement que je professionnalise mes services. Je fais toutefois une distinction très nette entre mon trading perso et la psychologie.

J’espère maintenant que les choses sont plus claires et je vous souhaite de bons trades.

Votre check-list de trading

Tel un pilote d’Airbus, nous sommes tous en mesure de formaliser et de nous conformer à des exigences de moyens standardisés.

Mettre en place un process porteur de performance, et le dupliquer autant que possible est, celons-moi, une des approches les plus confortables et porteuses de sérénité. La check-list peut donc être un outil puissant et plutôt fiable, car elle vous permet de rester en maîtrise de la partie qui vous incombe afin de mieux accepter tout ce qui est incontrôlable.

 

Paramètres internes

– Ai-je bien dormi, mangé, suis-je en « bonne » santé?

– Suis-je calme et disposée à attendre le « bon » signal d’entrée, à respecter ma politique de risque ?

– Suis-je en capacité émotionnelle d’accepter un résultat décevant ?

Chaque question doit recevoir un « OUI » franc et massif avant de passer à la suivante. Il est en effet inutile de se poser la question émotionnelle si je suis fatiguée, affamée ou malade.

Les réponses aux questions émotionnelles sont évidemment variables d’un jour à l’autre, et leur évaluation est compliquée. Cela demande un certain temps de pratique et d’écoute de soi pour parvenir à juger finement de son état interne. La prise de note peut s’avérer utile dans sa répétition et dans sa lecture périodique.

Les pratiques méditatives sont très certainement un des moyens les plus intéressants d’y parvenir : faire le vide, reconnaître et accepter un état, agir en conséquence. C’est d’une logique implacable, et le temps que vous passerez à détecter votre état interne est un investissement pour l’avenir, même si son application demande un réel investissement personnel : moins de temps sur les graph, plus de temps pour s’autoévaluer, cela me semble être un calcul cohérent !

 

Paramètres externes

Ok, je suis disponible et en bonne condition pour faire une session de travail porteuse. Viennent ensuite les questions sur l’environnement.

Les conditions extérieures sont-elles propices pour que mon système soit profitable aujourd’hui ?

– Ai-je le temps nécessaire pour opérer celons mon système?

– Ai-je une bonne connexion ?

– Suis-je au calme (bruit, autres obligations)?

– Horaire des news ?

– Configuration graphique conforme à mon champ d’action ?

– Choix de marchés qui correspondent le mieux à mes attentes de système

 

Paramètres opérationnels

Ok, je suis disponible et en bonne condition pour faire une session de travail porteuse, j’ai 2/3 marchés qui doivent logiquement me donner les signaux attendus, la dernière étape de cette check-list est donc la position elle-même : entrée, gestion, sortie.

Ici, la check-list se divise en plusieurs parties, celons l’évolution des scénarios. Si les 2 points précédents sont des prérequis clairs et binaires (réponse positive : on y va, réponse négative : on fait autre chose), ce point-là demande une véritable capacité d’adaptation et d’acceptation.

 

Un travail préliminaire sur les points entrée :

– Branchement des outils d’analyses ? (EA, filtres, alarmes….)

– Mes conditions d’entrée sont-elles clairement définies ?

-Quelle est la configuration graphique, le niveau de prix que j’attends ?

– Quelles sont les configurations à éviter ? Économiques, graphiques, horaires….

 

La gestion pendant le trade :

– Mon scénario d’entrée est-il toujours rationnellement  viable ?

 Une liste préalable de situations considérées comme invalidant le scénario peut être aidante pour répondre à cette question de manière pragmatique et non émotionnelle. Cette liste doit être fournis au fur et à mesure de l’expérience du trader mais pas trop fournis non plus, le « trop » étant l’ennemi du « bon »

-Si oui, je ne touche pas à mes ordres limites, j’attends !

-Sinon, je réduis mon « couloir » (stop et target) au fur et à mesure afin de limiter la casse. Mon but étant ici de protéger mon capital.

La sortie, et aprés… :

 Au niveau comportemental et cognitif, la sortie mérite d’être traitée :

Dans quel état émotionnel, physique et mental cette transaction me laisse-t-elle ?

Qu’est-ce que cela m’a appris ?

Si la session de travail n’est pas terminée et que vous pensez prendre d’autres positions, revenir à la première étape avec les paramètres internes.

 

Je vous souhaite de bons trades.

La performance se nourrit de la confiance

Bonjour,

Construire une confiance légitime ne se fait pas tout seul mais avec une methode de travail structurée cela devient facilement accessible. Cette chronique est en lien direct avec les autres webinaires du mois d’octobre :

Pour résumer en quelques mots, voici le déroulement de ces 3 chroniques :

Le doute en trading est vecteur de stress, de réactions irrationnelles et de pertes. Ce doute provient de 2 sources principales : notre espoir et le niveau de confiance instinctif  du trader. Lorsque nous restons dans ce schéma, nous faisons forcement des choix contre-productifs. Pour faire face à ces états d’esprit profondément néfastes, vous devrez développer une confiance légitime.

Comment ?

Augmenter vos ressources :

Psychologiques et opérationnelles : avoir un bon mental et une organisation de travail conforme à votre stratégie.

Analytiques et économiques : avoir les compétences indispensables à votre UT et à votre stratégie pour rationaliser vos choix.

Techniques et informatiques : bénéficier des outils technologiques qui vous permettent d’accroitre votre confort et votre confiance.

Se détacher du résultat immédiat :

Les marchés sont imprévisibles à court terme et nul ne sait si une position sera gagnante ou perdante. Vous n’avez aucune emprise sur vos résultats immédiats, mais vous avez le pouvoir, via la loi des grands nombres d’avoir une certaine confiance sur la durée : «  Si j’applique telle méthode de travail sous telles conditions, je sais que je suis gagnant »

Cumuler l’expérience :

Seule l’expérience concrète procure la confiance légitime. Souvent, un trader n’a pas le temps de cumuler cette expérience ; dès qu’il vit une série de pertes, il sort de son système et change de méthode de travail : ceci est humain.

Il devra donc utiliser judicieusement l’expérience du passé pour assoir sa confiance légitime dans le présent. Pour ce faire, il faudra suivre une méthode de travail rigoureuse et si possible, utiliser les outils technologiques efficients.

Rester artisanal :

Certains ont une forte résistance aux outils informatiques. Ceci est un handicap que seuls la patience et le travail pourront combler. Il vous faudra pointer un grand nombre de signaux conformes à votre stratégie et faire un reporting pour assoir votre confiance : cela peut prendre des semaines, mais je vous rappelle que la confiance légitime est indispensable pour mieux gérer votre mental.

Télécharger une bibliothèque fiable de ticks :

Afin de faire des tests efficients, vous avez besoin d’informations de base conformes à la réalité. Si vous testez votre stratégie sur le passé et que les informations collectées sont fausses, vos tests ne valent rien : vous avez besoin de tick-data non filtrés. Cette première étape est cruciale pour des raisons évidentes : si vous testez un mode opératoire sur une image déformée du passé, vos résultats ne seront pas en phase avec la réalité et vous n’aurez aucune raison d’avoir confiance.

Utiliser les outils technologiques :

Pour être efficace en trading, vous ferez difficilement l’économie des apports de l’informatique. Construire, tester, valider et optimiser un système de travail de manière optimale demande de bons outils, souvent confidentiels. Dans la chronique, je vous en décris rapidement un qui nous a permis de construire un panel de solutions technologiques en vue d’une gestion sous licence automatisée.

J’annonce aussi un nouveau service de Neuro-trading puisque nous vous proposons à présent de construire entièrement votre systéme de trading et de vous fournir les éléments pour créer rapidement une confiance légitime.

Le mois prochain, dans les chroniques de DailyFx, je vais traiter le thème de « l’engagement » qui passera par plusieurs thématiques : l’espoir et l’acceptation de l’erreur, l’hyper-investissement dans le travail ou dans une position, le principe d’addiction.

J’éspére que cela vous aidera dans votre travail.

Je vous souhaite de bons trades,

Caroline