De l’espoir à l’obsession en trading

 

L’espoir

 

Pour résumer, nous dirons que l’espoir positif à 3 caractéristiques:

  • il est identifié, nous avons conscience de ce que nous espérons.
  • il est important sans être exigeant.
  • il est fondé sur l’expérience.

L’espoir a 2 faces, il est à la fois pourvoyeur d’énergie et de motivation, mais il peut aussi devenir tyrannique et vous empêcher de prendre les bonnes décisions.

 

Espoir et conscience

 

De prime abord, lorsqu’on vous demande pourquoi vous faites du trading, la réponse est unanime : pour gagner de l’argent ; et pourtant, il y a bien d’autres choses qui se jouent plus ou moins consciemment avec ce choix. Il y a beaucoup de moyens de gagner de l’argent, alors pourquoi celui-ci ?

C’est important de savoir clairement ce que vous venez chercher sur les marchés, car c’est cela qui sera touché lorsque vous devrez gérer une position problématique ou lorsque vous ferez une perte. Avoir conscience de votre « espoir caché » vous permettra d’agir avec plus de responsabilité et de discernement.

 

L’espoir est important

 

Un espoir qui vous importe est porteur de motivation et de résistance. Il faut toutefois faire la distinction entre un espoir conscient et un désir, car ce dernier vous empêche de bien gérer vos positions. Lorsque l’espoir devient une exigence de résultat, le trader pers sa capacité d’analyse et devient le jouet de ses instincts et de sa biologie.

 

L’espoir est fondé sur l’expérience

 

Un espoir conscient et rationnel est fondé sur des faits, et non sur des fantasmes. Vous aurez besoin de confronter vos attentes au principe de réalité (backtest, reporting) pour que vos attentes de trading soient réalisables concrètement et non des chimères.

 

Les switchers

 

Lorsqu’il manque un de ces 3 éléments, le trader devient un switcher, c’est-à-dire qu’il change régulièrement de stratégie et de vision sans s’être réellement donné les moyens de progresser et de réussir.

 

Espoir, doute et peur

 

L’espoir engendre forcément du doute, c’est humain et le nier pousse à rentrer dans un déni qui n’est pas constructif. La suite logique au doute, c’est la peur.

Au même titre que l’espoir de façade est de gagner de l’argent, la peur de façade est d’en perdre. Pourtant, ici aussi, des aspects beaucoup moins conscients se jouent sous la surface avec la peur de se tromper et le besoin de certitudes.

 

Peur de se tromper

 

Prendre une perte peut venir bousculer le trader dans l’estime qu’il a de lui-même, ce qui est profondément désagréable dans une époque où l’individu se juge à l’aune de la viabilité de ses choix : « si je fais de bons choix, j’ai de la valeur, si je me trompe, ma valeur individuelle baisse.»

Cet impératif de prouver sa valeur empêche le trader de couper des pertes et le pousse à rentrer en « mode espoir.»

 

Besoin de certitudes

 

Globalement, le besoin de certitudes est lié au besoin de sécurité. L’homme moderne est profondément vulnérable dans sa psyché, car il est plus libre qu’il ne l’a jamais été. Cette liberté donne des droits, mais aussi des devoirs et cet ensemble est parfois compliqué à gérer, surtout lorsqu’il s’agit de la ressource principale et indispensable à notre sécurité : l’argent.

 

Lorsque l’espoir devient une exigence, le trader à tendance à avoir…

 

Un excès d’engagement dans son trading

 

Échelles de temps de l’engagement

 

Il y a 2 types d’engagements :

  • de fond : je pense au trading en permanence (ou pas loin.)
  • Conjoncturel : je suis tellement engagé émotionnellement dans une position que je ne parviens pas à la clôturer (alors que je devrais.)

 

Le plaisir

 

« Je pense au trading en permanence parce que j’adore ça »

Ici, le résultat n’est pas vraiment important, car c’est le plaisir de trader qui prime. Cet état d’esprit existe, mais il reste assez rare, généralement, vient se greffer…

 

… Le besoin de bons résultats

 

En trading, il faut absolument se détacher du résultat immédiat qui ne nous appartient pas et qui n’est pas « juste »

C’est la loi des grands nombres qui prime : si je travaille bien,  sur un large éventail de trades, je serais gagnant et si je laisse libre-cours à mes peurs ou mes fantasmes, je serais perdant.

Lorsque le trader a besoin de bons résultats dans l’instant, il peine à se détacher de l’émotionnel et il ne peut pas construire un travail stable.

 

Mécanismes de compensation

 

Lorsque les résultats sont décevants et frustrants, le trader peut avoir l’impulsion de s’investir encore plus, ce qui va accroitre ses attentes et il rentre dans un cercle vicieux qui l’empêche d’opérer avec discernement.

 

Estime de soi

 

Généralement pas identifiée, cette raison d’un engagement excessif en trading est extrêmement préjudiciable tant le besoin de gagner est impérieux à l’individu qui va osciller entre des périodes d’euphorie et de profond désespoir.

 

Pourquoi l’excès d’engagement est préjudiciable ?

 

  • Incapacité à couper les pertes
  • Perte de connexion avec l’entourage
  • Perte de concentration de façon générale
  • Cercle vicieux qui s’autoalimente et qui peut engendrer

L’addiction, l’obsession du trading

Mécanismes de l’obsession

 

  • Recherche de plaisir : Opérer provoque des shoots hormonaux, renforce artificiellement l’estime de soi et donne une sensation de puissance et de facilité.

 

  • Recherche de soulagement : Opérer n’est pas si simple et la prise de conscience est brutale, le trader cherche à retrouver les sensations d’aisance qu’il a déjà connue.

 

  • Perte de contrôle : La recherche du plaisir et du soulagement devient de plus en plus présente et il perd peu à peu le sens des réalités.

 

Symptômes

 

  • Perte de contrôle soi avec un comportement compulsif et fébrile. Les choix ne sont plus dictés par l’analyse, mais par le besoin obsessionnel.

 

  • Le trading prend toute la place dans votre vie ; le trader fait moins attention à son travail, à sa famille et à ses amis. Dès qu’il a un moment, il va voir ses graphiques et il rentre en position alors qu’il n’est pas dans de bonnes conditions pour trader.

 

Causes

 

  • L’instinct grégaire : Plus un individu a un instinct grégaire marqué, quel que soit son positionnement, plus il est vulnérable aux principes addictifs

 

  • Manque de capacité à préfrontaliser : Difficulté à prendre du recul de manière générale, sensibilité aux émotions.

 

  • Les routes neuronales : Ceux qui ont connu une addiction avant l’âge de 25 ans y sont plus sensibles

 

  • Lavage de cerveau : Tendance à se mentir à soi-même, a ne pas regarder la vérité en face et à subir un excès d’engagement.

 

Solutions

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