De l’utilisation judicieuse de la pensée positive

Les coachs en motivation ou en performances insistent sur la nécessité d’avoir des pensées positives du type : « je suis courageux, je vais y arriver, je suis extraordinaire, etc. » Il est évident que ce type de pensées aide à trouver en soi l’énergie pour faire face aux obstacles et pour progresser.

Tel un combattant rempli de testostérone, vous faites votre cri de guerrier et vous avez foi en l’avenir : peu importe les obstacles, vous sortirez vainqueur.

De telles pensées, si elles procurent effectivement de l’énergie et de la résistance, amènent aussi dans leur sillage un cortège d’attitudes dangereuses pour votre gestion : implication excessive dans les résultats, affect pour vos positions, réflexes de lutte face à un marché qui sera toujours plus fort que vous.

Faire du trading demande de l’humilité et du lâcher-prise : se monter la tête en se levant le matin pour avoir un moral de guerrier n’est pas la bonne solution, car vous serez moins en mesure d’accepter les pertes ou de réagir avec détachement sur vos résultats.

D’un côté, on a donc un besoin de motivation dans le travail pour persévérer, de confiance en soi pour exposer son capital sur les marchés et de l’autre côté, l’impératif de comprendre notre insignifiance et notre vulnérabilité : pas évident de trouver le bon équilibre.

La confiance que vous éprouvez doit donc être « légitime » et s’émanciper de vos souhaits ou de vos besoins. Elle se nourrit de faits et non de ressenti.

Avoir une méthode de travail, reconnaitre les configurations de marché propices pour cette méthode, savoir quels sont ses limites et ses points forts ; voilà ce qui apporte de la confiance légitime.
Vous pouvez donc utiliser la pensée positive plus judicieusement avec ce type d’idée :

« J’ai confiance dans ma capacité de travail. Je vais faire le nécessaire pour augmenter mes moyens. J’ai suffisamment de passion et d’envie pour acquérir tous les outils nécessaires à ma réussite. »

La pensée positive est donc orientée sur les moyens et non sur la fin.

Bon courage !

4 réflexions au sujet de « De l’utilisation judicieuse de la pensée positive »

  1. Cet article me touche particulièrement, voici mon témoignage:

    La compétition détruit les perdants!
    Et être en compétition contre le marché est destructeur. Je me suis rendu compte que j’ai longtemps été en compétition et en réaction contre le marché.
    Puis bien plus tard j’ai compris qu’à travers cette compétition je faisais la course à qui fera fortune avec mon père (décédé bien avant).
    Cette course était perdue d’avance puisque derrière ce combat se cachait une forte attitude de chacun pour soi, nourrie elle-même par une absence affective.

    La compétition est un rapport de force. Aujourd’hui j’espère avoir pris assez de distance avec cette attitude et je travaille mon autonomie affective.
    Sortir de la compétition est un acte adulte de respect de soi, osez-le à votre tour!

    1. Ici, nous luttons contre tellement de choses!
      les impératifs biologiques (plus prégnants chez les hommes avec la testostérone ) , les impératif « évolutionnistes » (l’homme étant un animal physiquement faible et instable par sa bipédie, pour survivre, il a eut besoin de développer son instinct de domination envers les autres espèces animales) des impératifs culturels (chaque idéologie nouvelle devant faire sa place, la compétition et la guerre était le moyen le plus rapide), des impératifs d’image de soi ( on jauge sa valeur propre en rapport avec le niveau des autres car nous sommes des « animaux sociaux »), souvent des impératifs hérités de l’éducation ( les parents installant plus ou moins un niveau de dominance ou soumission qui restera toute la vie) … et probablement bien de choses encore!

      Ce que le trading nous demande pour réussir est contre-nature, j’en reviens toujours à cette idée car le rapport de force avec le marché est une autoroute vers la perte, qu’on y soit soumis ou que l’on cherche à le dominer. Il faut en effet s’en extraire et se placer comme un observateur extérieur, curieux et détaché; pas tout les jours evidents lorsque qu’on a son avenir qui se ballade au milieu des bougies…!

      Merci Didier!

  2. Caroline, merci pour ces précisions, j’y apporte une suite si tu veux bien 🙂

    Tous les impératifs dont tu parles s’imposent probablement essentiellement pour satisfaire nos besoins (pyramide de Maslow).

    Je me demande bien où se situe dans cette pyramide le besoin de devenir un observateur extérieur, curieux et détaché?

    Cependant, voici la voie dans laquelle je tente une avancée depuis quelques semaines pour développer cet observateur:

    Mes actions et mes échanges dans le monde me touchent affectivement la plupart du temps, que ce soit en positif ou en négatif, et mon trading va aussi tenter de me nourrir affectivement (j’espère bien ressentir des émotions valorisantes). C’est naturel.

    Adopter une attitude contre-nature est l’abandon de cette nourriture affective extérieure. Je peux essayer cet abandon par rapport au trading tout en conservant l’apport affectif extérieur dans le reste de ma vie.

    Mettre en perspective peut aider l’acceptation que le trading trouve une place insignifiante dans mes apports affectifs (je suis autonome à ce moment):
    En quoi le trading me nourrit-il? En quoi ma vie de famille me nourrit-elle? etc…

    Et une autre pensée qui m’aide à me recentrer (valable aussi pour tout travail affectivement pauvre):
    « Je suis entièrement conscient que cette nouvelle position de trading ne va pas me nourrir affectivement, si elle le fait financièrement c’est déjà suffisant! »

    Peu importe ce que j’ai comme besoin affectif aujourd’hui, en devenant conscient que j’exclus le trading des sources d’apport affectif, je vais réussir à mettre un peu d’ordre dans mon état mental pendant quelques minutes.

    Ce qui se passe alors est une mise à l’écart de mes motivations habituelles dans l’accomplissement de mon trading. Je gagne en sérénité.

  3. A l’attention de Didier:
    Le trading ne doit pas, ne peut pas vous nourrir affectivement. Songez à l’exemple suivant très simple: si vous utilisez un algo automatique (comme bien des traders) le marché et le trading passent totalement à l’arrière plan. Vous enclenchez votre algo le matin, vous vaquez aux occupations qui vous intéressent et vous venez voir le soir si le marché vous a nourri financièrement. Il ne peut le faire qu’à ce titre.
    Bon trades. Amicalement.
    Chris

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