Economie, foule et tendance

Depuis quelque temps, je teste un nouveau mode opératoire avec un horizon de temps plus large qu’à mon habitude. Un horizon de temps plus long induit une exposition plus faible et j’ai fait le choix d’un marché moins volatile que le Dax avec le CAC.

Ces derniers jours, le CAC est clairement baissier, on pourrait même dire qu’il est au fond de la piscine, n’ayant pas atteint ce niveau depuis un an. En toute logique, j’ai donc cherché à comprendre ce qui faisait concrètement baisser les marchés européens. Et rien ! Rien de « spécial » qui pourrait venir clairement entamer la confiance des acheteurs.

Évidemment, quand on cherche, on trouve : certains me parleront de la situation en Chine,  d’autres des prix du pétrole, certains encore évoqueront le recrudescence d’une activité au Moyen-Orient et toutes ces raisons sont valables, sauf que si les indices étaient haussiers, ces mêmes personnes trouveraient des arguments pour en expliquer la cause avec tout autant de zèle et de talent. La situation économique chinoise n’est pas une nouvelle fraiche, le pétrole s’effondre depuis maintenant un an et demi, quant au Moyen-Orient… Bref, nous nous perdons en conjectures et ces arguments ne sont que des tentatives pour rationaliser ce qui ne l’est plus depuis longtemps: la confiance des intervenants des marchés.

Je ne doute pas que la base du processus des vagues haussières ou baissières soit rationnelle et proviens principalement de données fondamentales, mais assez rapidement, le processus se nourrit de lui-même, la chute accélérant la chute.

Tout est question de confiance et de phénomène de foule : les opérateurs fondamentaux et les grosses mains perdent confiance pour une raison plus ou moins légitime alors ils vendent et les indices baissent. Les opérateurs techniques voient leurs moyennes mobiles, leurs oscillateurs ou que sais-je encore, à la baisse, alors ils vendent aussi. Les algo détectent des signaux statistiques ou techniques et ils vendent de plus belle et assez rapidement, tout le monde vend et personne ne sait plus pourquoi.

Beaucoup d’opérateurs cherchent à rationaliser les marchés alors qu’ils sont profondément chaotiques. L’impulsion de base est parfois identifiable et rationnelle, mais ce que les opérateurs font de cette impulsion n’a aucune cohérence et c’est l’incohérence de preneurs d’ordres qui crée la tendance.

C’est comme une foule qui court. Au départ, une femme voit une souris. Elle est phobique et le petit rongeur crée chez elle une réaction impressionnante : un cri à la Hitchcock, les mains dans les cheveux, les yeux exorbités, elle court  pour sauver sa vie de l’ignoble agresseur. Ses copines, qui pensent que c’est une femme sensée déduisent que si elle fuit de la sorte, c’est qu’un terrible danger se profile à l’horizon alors elles ne cherchent pas à comprendre et entament leur course folle. Elles croisent toute sorte de gens, des grands, des petits, des jeunes, des vieux et au fur et à mesure, la panique se propage jusqu’au moment où certains se demandent : « Mais qu’est-ce que je fuis ainsi ? »…

 

2 réflexions au sujet de « Economie, foule et tendance »

  1. Bonjour Caroline. Certes . Mais tu peux aussi voir la dérive latérale en place. Les opérateurs vont de borne haute à borne basse. C une configuration technique de base. Bises et merci pour L article

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