Le 15 janvier, comment vivre la débâcle?

J’ai longuement réfléchi à la manière de m’exprimer à propos les évènements de la semaine dernière sur la parité euro/chf. Par pudeur pour la colère ou le désespoir, j’avoue avoir envisagé de faire l’impasse tant j’ignore combien d’entre vous sont touchés et dans quelle mesure.

Toutefois, vos mails de ces derniers jours me rappellent à mon devoir, je n’ai pas le droit de me défiler, même si je ne suis pas à l’aise avec tout ce gâchis.

Vos stops n’ont pas fonctionné à cause du gap de cotation et en un instant, votre compte se retrouve laminé, faisant voler en éclat votre travail et vos espoirs.
Ceux qui utilisent beaucoup de leviers ont été exponentiellement touchés et je sais à quel point cela peut faire mal.

A ceux-là, je voudrais témoigner tout mon soutien et ma compassion.

A mon sens, cet épisode nous rappelle un point fondamental que j’ai déjà largement défendu depuis 3 ans:

Les marchés sont incertains et le meilleur d’entre nous ne sait rien : tout peut arriver, à chaque instant.

Cette prise de conscience ne peut-être sans effets concrets :

Il ne faut pas trader avec l’argent dont vous avez besoin pour vivre. Sans parler de l’impact émotionnel sur vos prises de décisions quotidiennes, personne n’est à l’abri d’un mouvement subi et piégeur.
Celui qui s’est produit jeudi dernier est exceptionnel, mais combien de mouvements moins amples ont décimé des comptes, des rêves et des vies ?
Je sais que pour certains, c’est impossible et qu’ils sont dans l’obligation de gagner pour manger. Ceux qui sont dans cette configuration auront besoin de beaucoup de recul et de self-control pour tenir le coup.

Ensuite, je vous invite vivement à soigner votre exposition, le levier est la pelle avec laquelle vous creusez votre tombe. L’image est violente délibérément : ne vous exposez pas trop, ne soyez pas trop cupide, car vous n’aurez aucune marge de manœuvre.

Enfin, acceptez que le marché soit tout puissant et que nous ne sommes rien, ni personne ; ni vous ni moi. Tout au plus un grain de sable sur une plage longue de milliers de kilomètres.
La seule chose que nous avons à faire est de nous adapter aux vagues et de nous courber devant notre impuissance.

Parfois, l’océan nous laissera nous réchauffer sur la plage, paisible et satisfait, parfois, il nous emmènera dans des eaux obscures et froides : c’est ainsi que cela fonctionne et lutter ne sers à rien, vous ne faites pas le poids.

Une grosse perte, c’est comme un deuil, et vous finirez par vous en relever, aussi pénible cela puisse être. Peut-être vous sentez-vous spolié et volé. Même si ce sentiment est légitime, il est toutefois destructeur et il vous empêchera d’évoluer rapidement.

Pour clôturer cette litanie rendue maladroite par l’émotion, je vous rappelle une phrase que j’affectionne et que j’ai déjà écrite à maintes reprises :

« Donne-moi la force de changer ce qui peut être changé, d’accepter ce qui ne peut être changé, et la sagesse de faire la différence »

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