Notre corps est un indicateur de limite

Nous avons souvent tendance à considérer notre corps comme un outil apte à concrétiser notre intention. Ainsi, la plus grande partie du temps, l’information va du mental vers le corps. C’est légitime et logique, notre corps nous donne, en effet le moyen d’agir ou pas. Nous prenons une décision que nous concrétisons par une action corporelle.

Mais l’information marche aussi dans l’autre sens, et nous avons parfois la fâcheuse habitude de l’occulter, alors même que notre corps joue avec nous et non contre nous.

Notre respiration, nos tensions corporelles, nos petites douleurs sont des indicateurs précieux de notre condition tant physique que psychique. Lors des entretiens de coaching que j’ai déjà menés, je fus surprise de voir qu’aucun, et je dis bien aucun ne pouvait de me décrire immédiatement les réactions physiques qui se manifestaient en temps de crise (perte, angoisse, frustration, impatience, etc..) ! La réponse, pour 14 traders différents est unanime : « Je ne sais pas, je n’y ai jamais fait attention. »

Je vais prendre une comparaison triviale ; comment réagit votre voiture en temps de crise (sur la neige, dans la boue, par grand vent, etc…) Nous avons tous appris, pour notre sécurité, à adapter notre vitesse ou nos freinages aux conditions de la route. Alors, j’ai une question, en quoi notre corps est un véhicule moins dangereux que notre voiture ?

Dans notre culture, notre éducation, notre entourage ; nous développons la culture de l’effort ; ce qui est très bien ! Mais savoir repousser ses limites, c’est aussi connaître ses limites. Et c’est bien là qu’il y a un souci ; car afin de faciliter l’effort, nous sommes encouragés à nier les limites, à les occulter, et ne pas répondre aux signaux corporels.

Apprendre à reconnaître les signaux que nous envoie notre corps ne signifie pas être faible, refuser le challenge ou abandonner. Mais c’est utiliser un indicateur interne sur notre état, garant de notre performance.

Je vous propose donc de vous mettre à l’écoute de votre corps, aussi souvent que possible. Cela va demander un certain effort, pendant quelques jours ou quelques semaines, et puis, peu à peu, vous n’aurez même plus à y penser, comme lorsque vous ralentissez d’instinct quand il pleut sur l’autoroute.

  • Avant de vous endormir :

Comment respirez-vous ? A quel rythme ? Plutôt avec le ventre ou avec les épaules ? Que ressentez-vous, au niveau de la tête, du coup, des épaules, du dos…

N’essayez pas de changer votre état physique, le simple fait d’en prendre conscience suffit

  • Quand vous mangez :

Quel goût, quelle odeur a cette nourriture ? Sucrée, salée, acide, les 3 ? Quelle température ? Quelle action la mastication exerce sur les aliments ?

Tentez de ne pas porter de jugement de valeur, du type « j’aime » ou « je n’aime pas », car là n’est pas la question, mais prenez conscience de l’impact de la nourriture dans votre bouche.

  • Quand vous vous promenez :

Fait-il chaud ou froid ? Y a-t-il beaucoup de lumière ? Le sol sur lequel je marche est-il plat ? Qu’est-ce que je vois, entends… ?

Une fois de plus, tentez de ne pas rentrer dans l’opinion, mais accueillez ce qui est, simplement.

  • Et enfin, quand vous tradez :

Les choses se passent bien : comment êtes-vous assis ? Comment respirez-vous ? Avez-vous des points de tension ?

Les choses se passent mal : comment êtes-vous assis ? Comment respirez-vous ? Avez-vous des points de tension ?

Etablissez une comparaison consciente de l’attitude de votre corps en situation de réussite et d’échec. Vous serez surpris de constater les différences énormes de ressenti physique.

Lorsque vous aurez enfin pris conscience de ces différences, vous pourrez alors agir sur votre corps pour le pousser à adopter une attitude détendue en moment de crise, cela vous sera d’une aide précieuse pour prendre de meilleures décisions et sortir de la crise avec le moins de dégâts possibles !

 

5 réflexions au sujet de « Notre corps est un indicateur de limite »

  1. « Mais savoir repousser ces limites, c’est aussi connaitre ses limites »

    Bonjour Caroline!

    C’est une évidence….qu’on a en effet tendance à occulter..

    Moi qui avait une vision quasiment t « inhumaine » du Tradding.

    Je perçois grâce à ton article une vision totalement différente
    à l’écoute du corps et des messages qu’il nous transmet.

    Un angle que je ne soupçonnais pas..

    .Et que je vais appliquer à mes propres défis journalier.

    Mieux connaître mes limites..pour non pas les dépasser …mais les repousser.

    Je te souhaite une bien belle Journée
    Xavier

    PS
    J’ai dans mes notes ce texte que j’avais mis de coté pour le relire de temps à autre.Un texte que je relis souvent:

    « Comment percevoir nos limites ? Il n’y a pas trente six mille réponses, à vrai dire il n’y en a qu’une, que nous avons tous à l’esprit : Être à l’écoute.
    A l’écoute de son corps certes, parce que la douleur est un signal qu’il ne faut jamais prendre à la légère. C’est ainsi que l’on peut savoir si le physique est apte à l’exercice. Si vous tentez de faire le grand écart et que vous ressentez une vive douleur c’est que vos muscles ne sont pas prêts. Être à leur écoute donc, et les faire travailler progressivement.
    A l’écoute de son esprit, parce que c’est lui qui rationalise l’obstacle et notre possibilité de le franchir et parce que la peur qu’il nous transmet est le signal que nous ne sommes pas prêts, dans la tête, à affronter une telle chose. Là aussi nous devons y aller progressivement.
    Un écrivain avait un jour dit que l’on écrit avec trois choses : nos mains, qui tiennent le stylo, notre tête, qui organisent les mots, et notre ventre qui produit, interprète, donne les mots.
    Je pense que c’est pareil pour tout, y compris dépasser nos limites. Nous devons être à l’écoute de notre ventre, de ce que nous disent notre coeur, nos tripes, notre intuition, notre instinct… Déjà parce que c’est ce qui alimente la machine (les sentiments, les émotions, l’envie, …) mais aussi parce que sans ça, la machine ne tourne pas. Je sais que mon corps passera l’obstacle, je n’ai pas peur de l’obstacle pourtant mon intuition me dit « pas aujourd’hui ». Je ne peux que l’écouter, puisque je sais que si mon ventre me dit que je ne suis pas prête à le faire maintenant, c’est que ce n’est pas le cas, pareillement que si c’est mon corps ou ma tête qui me le dit.

    Ensuite, comment dépasser ces mêmes limites ?
    Et bien, en travaillant chaque jour dans le respect de notre corps, de notre tête et de notre ventre. En s’obligeant, chaque jour à s’exercer, à monter plus haut, …
    Et paradoxalement (ou logiquement, les deux se valent) plus on connait ses limites plus on les dépasse, plus on les dépasse mieux on les connait…. »
    Aziliz 2011

  2. Bonjour Xavier,

    quand on a métier intellectuel , et a fortiori , à fort enjeu, on a tendance a oublier les messages du corps. En trading, c’est un vrai problème car nous devons réfléchir vite et bien. L’individu étant un « tout », le corps a un impact sur les pensées et les émotions; les 3 inter-agissent; et être a l’écoute de notre corps signifie aussi être a l’écoute du reste.

    On est encore un peu dans une culture de l’effort pour l’effort, on paie le péché originel !C’est caricaturé , mais il y a encore de cela dans nos modes de pensées actuels.

    Moi, j’ai décide de m’émanciper de la culture de culpabilité, qu’il faut souffrir pour réussir ou pour gagner. J’ai décidé de tout avoir, une vie saine ,avec sa part de plaisir et en même temps, une vie constructive pour mener à bien des projets qui m’éclatent. Écouter son corps est un bon moyen pour se rendre compte de ce qui nous demande un effort démesuré par rapport au résultat, et donc, un bon point de départ pour faire les choses différemment.

    Le trading est un métier complétement renversant , sur plein de niveaux , et une merveilleuse école pour comprendre ça; car pour être performant en trading, il faut se sentir bien; il n’y a pas de mensonge possible, soit tu prend de bonnes décisions, soit des mauvaises; ces décisions, tu es seul a les prendre, et la sanction est (pour moi car je travaille en scalping) quasi immédiate. Au fil de mon expérience, j’ai vraiment pu constater qu’il faut se sentir bien pour être performant.

    Contente de faire un peu évoluer la vision que les gens ont des traders;-)

  3. lorsque je trade, mon cops me sert d’indicateur;
    car quand je suis sur un bon point d’entrée, en accord avec mes indicateurs
    je n’ai pas d’ émotion, mais je suis dans la concentration du déroulement ou pas de mon plan.
    si je sent une émotion, je me dis que je fais du casino , je ne suis plus dans le déroulement de mon plan et je sors.
    Enfin, j’essaie de faire cela.
    Merci pour toutes tes vidéos et conseils Caroline.
    Gérard

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