Optimisme et besoin de contrôle: un mélange au vitriol

Hier après-midi, j’étais en coaching et je réalisais le profil de Paul.

Paul a une facette Gestionnaire et Philosophe et un rapport très ambivalent entre la maîtrise et l’optimisme.

Dans un sens, Paul voit le verre à moitié plein, il valorise l’optimisme jusqu’à l’insouciance, dans le déni de certains actes communément considérés comme irresponsables. D’un autre côté, Paul a besoin de maîtrise pour se sentir en sécurité. L’idée de ne pas avoir le contrôle, d’être vulnérable aux évènements et de dépendre de tout un tas de facteurs qui le dépassent l’angoisse au plus haut point et il fuit toute confrontation directe à cette idée.

Ces 2 facteurs combinés engendrent tout un panel d’idées et de comportements néfastes à sa gestion, suivez mon raisonnement :

Avec son naturel optimiste, Paul a tendance à se dire que tout ira bien. Ceci associé à sa résistance envers l’absence de maîtrise l’amène dans le déni : « je refuse de me confronter à cette idée profondément anxiogène, donc je la nie, donc je ne fais pas en sorte de me mettre en sécurité»

Il a des motivations positives : «  J’aime voir la vie du bon côté » et des motivations négatives : « Je fuis toute idée de vulnérabilité »

La conséquence est sans appel, il refuse la confrontation avec cette réalité désagréable : «  En trading, l’environnement n’est pas maîtrisable. » Vous avez la responsabilité de maîtriser ce qui peut l’être : les points d’entrée et la gestion, et d’accepter ce que vous ne maîtrisez pas : les caprices des marchés.

Dans son comportement, les effets sont palpables. Paul a une stratégie de trading claire, il est discipliné sur ces points d’entrée et il gère bien le gain. Mais lorsqu’il rentre en perte, Paul a beaucoup de mal à couper. Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous et vous auriez raison.

La perte latente donne a Paul la sensation qu’il ne maîtrise plus rien, cette idée le stress rapidement et il entre généralement dans un réflexe de lutte : « Je casse », qui lui fait augmenter son exposition. Dans son système de travail, Paul doit avoir une exposition maximale en levier 5, mais quand il est dans cet état, il peut monter jusqu’à 100… Réflexe de lutte renforcer par sa facette philosophe : « Tout ira bien. »

Ça me rappelle le film La haine : C’est l’histoire dans homme qui tombe et pendant sa chute, il se répète : «  Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien.» Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.

Il arrive un moment où rien ne va plus, c’est la débâcle et Paul se retrouve finalement laminé. De stress, il est toujours question avec un réflexe d’inhibition cette fois-ci : « je suis cassé.» Alors il renonce temporairement, il sort du champ de bataille, blessé et hagard, jusqu’à ce qu’il recouvre ses forces et sa foi.

Il travaille alors avec une belle maitrise de ses comportements, jusqu’au jour où, poussé par son insouciance et son angoisse de perdre le contrôle, la lutte reprenne ses droits pour rejouer la scène, inlassablement.

Vais-je m’arrêter sur cette note infiniment joyeuse ? Que nenni, car des solutions, il y en a, sur plusieurs axes de travail :

-Informatique et technique tout d’abord avec des aides à la gestion. A ce propos, sachez que vous pouvez contacter Nicolas, du site Tradinlab.

– Cognitif : Comprendre les processus qui se répètent à l’infini jusqu’à ce qu’on décide de briser le cible et ça, c’est ma spécialité!

– Comportemental : Mener des actions concrètes dans et hors de son trading pour amoindrir l’impact de ces facteurs combinés, ce qui est l’objectif d’un coaching sur la durée.

Je souhaite bon courage à Paul et je lui dis « A bientôt ! »

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