Oser l’envie

Lorsque nous étions enfants, nous voulions sans compromis, avec force et détermination. Capricieux ou boudeur, l’enfant qui n’obtient pas ce qu’il veut est profondément affecté, jusqu’à ce qu’il se résigne ou qu’il trouve un nouvel objet de désir. L’enfant a cette capacité absolue à vouloir et la force de son envie le tient animé et persévérant au-delà de toute rationalité.

L’adolescent, lui, ne veut plus rien. Long chewing-gum désincarné, il erre, nonchalant, voire lymphatique, de par les rivières et les champs. Son regard bovin nous envoie ce message implacable : « Pas envie ! J’en ai rien à faire ! »

Devenus adultes, nous sommes tous un dégradé des nuances de gris de l’envie. Certains ne supportent que peu de frustration, d’autres parviennent à la gérer avec stoïcisme et recul. J’ai pourtant constaté que l’adulte, dans sa grande sagesse fatiguée, avait souvent perdu sa capacité à vouloir profondément et avec acharnement. C’est normal, le joug du « vivre ensemble » a laissé sa trace et l’homme civilisé a compris que sa liberté s’arrête là où commence celle des autres. Il a essuyé moult refus, moult déceptions et naturellement, il bride son envie, espérant ainsi réduire les frustrations possibles et même probables. Il se protège de lui-même en bridant son envie, son enthousiasme afin d’éviter de vivre des retours de bâtons trop durs à encaisser.

N’avoir que peu d’envie protège de la déception alors, on revoit ses ambitions à la baisse, on fait des petits arrangements avec les rêves, on renonce plus ou moins à raison. L’objectif n’est plus vraiment captivant et le sentiment de vacuité qui prend sa place ne donne pas l’énergie pour surmonter les obstacles : sans une envie forte, la motivation est ébranlée.

 

Quel est le rapport avec le trading ? Même si je pars de très loin, j’en trouve toujours et j’y reviens.

Devenir profitable en trading, c’est difficile et l’envie farouche d’y parvenir est indispensable pour faire face au travail, aux déceptions et aux doutes. Celui qui ne le veut pas ardemment n’obtiendra pas de succès durable, car il ne trouvera pas les ressources indispensables pour surmonter les obstacles. Mais vouloir ardemment ne signifie pas forcément vouloir comme un enfant ingérable, tout en émotion.

Apprendre à cultiver notre envie et  à en canaliser la force brute est sans nul doute un levier essentiel à votre réussite. Vouloir apprendre, progresser, évoluer. Être persévérant et tirer leçon des expériences passées. Analyser, déduire et être patient ; tant de verbes que vous devez chérir pour faire fructifier votre capital en bourse.

Le chemin n’est pas simple et votre motivation sera votre atout  principal pour accroître vos ressources.

 

La semaine prochaine, c’est la rentrée et déjà, la capitale se remplit comme un gros sac. Chacun reprend le chemin du travail et je vous souhaite d’aborder cet automne avec envie et persévérance.

10 réflexions au sujet de « Oser l’envie »

  1. Sur le fond c’est assez juste mais pour avoir encore cette envie quand on a grandi, je trouve qu’il faut aussi de manière tout aussi importante avoir en soi une capacité à l’émerveillement devant la vie, les personnes, les choses que l’on croise tous les jours de notre vie.
    Bonne rentrée à tous.

  2. Bonjour Caroline. C’est toujours un plaisir de lire tes communications. Je te souhaite à toi et ton frère une belle rentrée, et je vous souhaite de mener à bien votre projet de trading algorithmique. Daniel

  3.  » Il se protège de lui-même en bridant son envie, son enthousiasme afin d’éviter de vivre des retours de bâtons trop durs à encaisser.  »

    voilà, c’est la fin du rêve pour moi !

    j’ai eu ma chance et je n’ai pas eu le courage de la prendre, paralysé par la peur au moment de « cliquer » pour un « big trade » qui aurait du changé ma vie.
    Mais est-ce-que je le voulais vraiment ?

    Pourtant, mi-Mai, la motivation étais au rendez-vous, dans l’obligation d’arrêter temporairement mon boulot pour un petit pépin physique, j’allais me mettre à gagner ma vie sur le forex.

    Un tout petit capital, certes, mais avec les connaissances acquises depuis 3 ans, tous les bouquins lus et relus, les centaines d’heures de vidéo et de webinaires éducatifs visionnées, le marché n’avait qu’à bien se tenir, Ludo ferai bientôt parti des dix pour cent de « winner » sur le forex…

    J’avais pris une bonne claque en janvier(merci la BNS) mais j’étais toujours sur les rails, un bon « money management », une stratégie solide et j’avais retrouvé mon capital de départ. En confiance car depuis 3 ans sur le marché je n’avais pas « cramé » de compte (sauf en Démo), un pourcentage de réussite proche des 5%, il est temps que je décolle vraiment et que je change de vie.

    Changement de stratégie, 5 % me rapporte des clopinettes, il faut que je fasse 3000 % pour dégager un salaire et trader sur mes gains en augmentant mon capital de façon conséquente, après tout je suis déjà un « winner » puisque je n’ai pas perdu et que je sais trader.

    Le mois de Mai passe, rien ! Très peu de gains, très loin du « big trade » Ce n’est pas grave, le mois de Juin me fournira toutes les opportunités nécessaires à ma futur vie de trader. Petite opération bénigne qui ne me fait perdre qu’une matinée de travail, mais nous sommes déjà fin Juin et toujours rien ! Début Juillet j’analyse mes trades pour comprendre ce qui cloche, j’ai réussi quelques « scalps » mais je suis dans un tel état de peur que je coupe tout de suite ma position avec quelques « pips » de gain, impossible de laisser courir ma position, je suis pris de tremblement…pire, je procrastine, refusant de prendre une position par peur d’avoir peur. Il est vrai que ma prise de risque est très élevée, que j’utilise un levier maximum avec l’espoir que ce trade sera le bon…

    Au mois de Juillet, j’augmente mon capital d’un petit billet en me disant que j’arriverai peut-être à débloquer la situation, mais rien n’y fait, je passe des heures à regarder serpenter les cours sans prendre de risque, donc sans gains mirobolants, littérallement sans trader.

    Ce mois-ci l’échéance se rapprochant (retour au travail), l’angoisse, la culpabilité, l’énervement ont fait leurs apparitions = pertes de 25% du capital…

    Fini de rêver…sortir de sa bulle, sortir de mon microcosme, quitter ma zone de confort pour offrir aux miens une existence un petit peu plus décente, ne plus les voir souffrir dans un travail si pénible !

    J’ai échoué et je suis détruit moralement…le retour de bâton m’a tué, désolé pour le discours, j’avais envie de partager cette expérience.

    je vous souhaite une très bonne rentrée Caroline et toute la réussite dans vos projets.

    L
    PS : cela ne vous fait pas penser à une fable de Jean de La Fontaine : la grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf…

    1. Bonjour,

      Pour rester sur le thème de l’envie par rapport à votre témoignage, je dirais que j’identifie ici une envie « d’enfant », irraisonnée (3000% d’objectif quand même!!) et non négociable: une exigence de réussite inatteignable. Ce type d’envie en trading finis toujours de la même façon et je suis désolée que vous ayez à le vivre.

      Une envie d’adulte, stable, forte et pérenne s’appuie sur un plan et sur l’augmentation de vos ressources. Les ressources en trading sont vastes et touchent à presque tout les domaines :
      – Compétence évidemment
      – Opérationnels (stratégie, plan de trading, politique de gestion, outils informatiques…)
      – Pratiques ( temps, lieu, connexions)
      – Besoins primaires ( rentrées financières stables qui permettent de subvenir au quotidien)
      – Organisationnels (cohérence entre ma manière d’opérer et les config de marché, routine )
      – Émotionnels ( puiser ailleurs les forces nécessaires)

      Une envie solide finalement, c’est plus l’envie de maximiser les ressources que le besoin de gratification et de résultat. Pas facile de ressentir de l’envie pour l’effort et la peine, je suis d’accord, et pourtant…

      Cela me fait penser à une enfant que je connais bien qui veut devenir une pro de sauts d’obstacles à cheval. Elle peut avoir différentes attitudes par rapport à cette envie:
      -Rester rivée sur le résultat (sachant qu’elle en est bien loin) , tenter le tout pour le tout, tomber, se sentir frustrée de ne pas y arriver lorsqu’elle regarde des « grands » voler sur leur bourrin pour probablement abandonner.
      -Collecter des informations auprès de personnes compétentes pour établir un plan, réfléchir à la manière de le mettre en place, évaluer les sacrifices nécessaires, choisir, entrer en action.
      Si je garde cet exemple, la notion de sacrifices par rapport à l’envie est importante : elle devrait sacrifier tout ses cadeaux d’anniversaire et ses Noël pour payer des cours, choisir entre cette activité et d’autres, accepter l’effort des cours dans le froid, parfois se lever tôt, tomber et que sais-je encore…

      Comment avoir envie de cela? Comment avoir envie de se lever aux aurores en plein hivers pour aller tomber d’un cheval quand on a 9 ans?
      En privilégiant l’envie de parcourir le chemin à l’arrivée et pour que cela soit possible, il ne faut plusieurs choses:
      – Ne pas être pressé
      – Aimer les actions à mener au quotidien et y donner un sens
      – Célébrer les petites victoires
      – Accepter et tenter de comprendre les échecs

      J’ignore évidemment les choix que vous ferez par rapport au trading à l’avenir, mais si vous y revenez un jour, je crois que vous aurez tout à gagner à privilégier cet état d’esprit car il est vecteur de plus de force et de moins de frustration. Nous avons un certain contrôle sur nos ressources mais nous en avons peu sur le résultat, c’est à prendre ou à laisser…

      Bon courage

  4. « Oser l’envie » comporte une part de créativité que nous déployons pour réagir à une barrière sociale (familiale, professionnelle, voisinage, …) que nous voulons fuir avec plus ou moins de détermination. C’est le sentiment d’exclusion, l’absence de gratification, etc, qui sont exprimés lorsque nous décidons de prendre le chemin du trading.
    « Oser la vie » dans un nouvel environnement c’est tenter l’apprentissage de la récompense (circuit neuronal de la récompense) dans cet environnement (de trading dans ce cas). Agir pour trouver la récompense: un acte de foi ou une recherche narcissique?

    1. Bonjour Didier,
      Outre la récompense, il y a le flouze, l’oseille, le pez, la fraîche; motivation non négligeable. Ensuite, je te rejoins sur la vision idéalisée ou dégradée de soi. Le résultat immédiat en trading est injuste, c’est difficile à assimiler car nous vivons dans une culture de récompenses/punissions: tu travailles fort et bien, tu gagnes. En trading, ce n’est pas le cas, il faut donc développer une envie pour les ressources et non pour la gratification immédiate.
      Merci pour ce partage:)

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