Profil de trader et cycles boursiers

Les marchés sont cycliques, c’est-à-dire que la durée de leurs vagues a une sorte de régularité. Leur intensité varie, à la sortie d’un cycle, nous ne sommes pas forcement au même niveau qu’a son entrée, mais sa durée reste relativement fiable.

Un trader, quel que soit son UT doit prendre en compte cette notion et savoir où il en est dans le cycle qui correspond à son money management et son horizon d’investissement. Certains marchés, notamment les indices, ont des cycles plus fiables que d’autres, le forex étant bien plus chaotique.

Un trader doit impérativement prendre en compte cette notion de cycle qui lui permettra d’éviter de rentrer sur une tendance à forte potentialité d’essoufflement ou de prendre le train en marche sur une tendance solide en debut de cycle, après une consolidation sur un niveau clé, par exemple. On peut aussi les utiliser pour se positionner en contrarian à la fin d’un cycle,  avec un stop serré et une exposition très faible.

On trouve des cycles sur plusieurs échelles de temps, allant du long terme, ça se compte en années ; au très court terme, ça se compte en heures. Chaque marché à sa propre spécificité et je ne vais pas me hasarder à vous faire une liste interminable, mais pour prendre l’exemple des indices européens, on trouve des cycles d’environ 3 mois, de 2 à trois semaines ou quotidiennement des cycles horaires, avec la matinée et une fin de cycle aux alentours de midi, un second cycle de 12 à 15, heure d’ouverture des US, un cycle de 15 à 18 puis la soirée.

Dites-vous bien que toute tendance il y ait, ce qui monte descendra et ce qui descend finira par remonter : rien n’est éternel.

En dehors du très court terme où le trader ne cherche que quelques points, et opère en rafale, la notion des cycles est très importante et dans chaque analyse ce paramètre doit être pris en compte, avec cette question de fond :

Où en suis-je dans le cycle qui correspond à mon horizon d’investissement?

Exemple :

Le trader travaille en intra-week et prend des positions de un à 5 jours. C’est un suiveur de tendance et il attend que le marché atteigne un point bas lors d’une correction pour rentrer en long. Entre parenthèses, s’il a opté pour cette politique d’entrée, ce n’est pas par hasard, mais parce que ça correspond à ces besoins mentaux. Il a identifié la première zone de support sur laquelle le marché devrait (au conditionnel évidemment) rebondir et il a d’autres indicateurs qui doivent lui fournir un signal précis d’entrée. Le marché tarde à revenir sur la zone qu’il attendait et quand il y arrive, il constate qu’il est au bout d’un cycle hebdomadaire.

Première question, comment il le sait ? Seconde question, qu’est-il censé faire ?

Il le sait parce qu’il a regardé la longueur des cycles précédents sur son marché et sur une UT un peu élargis. Il  a regardé des graph en daily et il a constaté que sur les six derniers mois, il y avait des tendances qui duraient de 2 à 3 semaines ; par exemple. Ce qu’il est censé faire à ce moment-là ? Rien tout simplement ! C’est soit trop tôt, soit trop tard et s’il prend un trade maintenant, il augmente les probabilités de perte. Cette notion de cycle passe trop souvent en second plan dans l’analyse. Quand vous attendez un signal depuis longtemps, vous êtes comme un lion en cage et vous voulez le prendre, ceci est normal. Vous donnez la priorité à vos indicateurs et ajouter la notion des cycles limite vos possibilités de trades, ce à quoi beaucoup ne peuvent se résoudre.

Faisons une légère digression pour aborder cette question fondamentale : pourquoi rentrez-vous sur un marché ? 

La rationalité froide du trader que vous êtes répond avec véhémence : «  Pour gagner de l’argent ! » Si tel était réellement le cas, vous ne rentreriez que sur les signaux qui potentialisent vos probabilités de gains et vous délaisseriez tous les autres. Cette notion de cycle serait un facteur essentiel auquel vous ne dérogeriez jamais. Pourtant, ce n’est pas le cas et pour cause : un être humain est tout sauf rationnel. Attendre sans prendre part à la fête est difficile, vous voulez en être. Chaque profil est unique, certains seront motivés pour rentrer par impatience, car ils veulent rentabiliser leur temps, d’autres parce qu’ils ont besoins de se rassurer immédiatement, et que sais-je encore ? Le fait est que beaucoup, attendre devant l’écran sans rien faire est associé à une perte de temps et ils oublient que l’important est de limiter les pertes, pas d’agir. Vous êtes aussi un trader lorsque vous n’agissez pas et que vous refusez de prendre un signal border line.

Pour reconnaitre les cycles, ce n’est pas tellement compliqué, vous prenez votre marché et vous détaillez les cours sur des UT plus larges ; vous tracez des lignes verticales en fin de chaque vague et vous verrez par vous-même qu’il y a une sorte de régularité. Ce n’est pas exact évidemment, certains cycles seront plus longs que d’autres,  mais cela vous donne un ordre.

Tous les traders devraient faire attention aux cycles et certains encore plus que d’autres, parce que la notion de cycle peut être à elle seule la base d’une stratégie à condition que vous ayez le profil mental qui correspond à cette approche.

Pour résumer l’approche stratégique générale :

Le trader délimite les cycles en weekly, en daily et sur un graph H1 par exemple.  De cette manière, il va trouver des corrélations entre les cycles sur des vagues de plus ou moins grandes amplitudes. Par exemple, des cycles de 2 ans, des cycles de 3 mois, des cycles de 2 semaines, des cycles de 3 heures.

Sur un calendrier annexe, le trader note les fins de cycle prévisionnelles et il prévoit de rentrer en position sur ces fins de cycle, à condition qu’il y ait un signal d’entrée avec d’autres indicateurs ou avec du price action.

Quelle serait la motivation mentale de ce trader qui concrètement, se complique la vie, car il ajoute des conditions hautement restrictives à ces entrées ?

La motivation concrète est évidente : maximiser les probabilités de trade gagnant. Pourtant, il y a un frein énorme avec cette approche, c’est que vous réduisez le nombre d’entrée, donc le trader doit être patient et maîtrisé.

Il aborde son trade comme une pièce d’orfèvrerie, il est minutieux, perfectionniste, il a le gout du travail bien fait, ce type de motivations est inné au gestionnaire. Le travail préparatoire ne le rebute pas, il est prêt à se donner du mal pour bien construire ces positions avant d’agir.

Ses motivations seront principalement de l’ordre de la sécurité. On va donc logiquement retrouver en même temps des profils grégaires méfiants. Ce trader est observateur par nature et il sait rester en retrait, ça correspond à des instincts profonds.

Comme les opportunités sont assez réduites et que son besoin initial, c’est son taux de profitabilité, on va retrouver des traders qui ont une réelle dominance. Stratégiquement, les stops seront assez éloignés sinon le trader se fait sortir trop tôt. Comme le profil gestionnaire est consciemment en quête de sécurité, il ne faut pas le cumuler avec un profil grégaire soumis sinon les trades perdants seront trop violent pour lui et il sera anxieux. La sécurité, c’est donc une motivation plutôt consciente et pas un besoin viscéral. Au contraire, au niveau primitif, ce trader n’a pas fortement besoin de se sentir en sécurité.

Pour contrebalancer les impacts négatifs de la dominance, il faudra que le trader ait un gout réel pour l’analyse, on va donc retrouver mécaniquement les novateurs et les stratèges.

C’est un trader qui a besoin de réflexion, qui est naturellement responsable et qui perçoit le trading comme un vaste projet de longue haleine. Les traders qui ont des motivations pour trader les cycles ont aussi plus de chance de développer un trading profitable puisque leur motivation profonde correspond au cahier des charges standard du métier.

Le novateur va trouver un certain plaisir à étudier les corrélations de cycles temporels en toile de fond et satisfaire la vision responsable qu’il a de lui-même : « je gère mon capital en maximisant mes chances de réussite. »

Pour le stratège, c’est un peu plus délicat parce qu’il va utiliser cette capacité d’analyse supplémentaire pour gérer son refus du chaos des marchés. Le stratège, c’est un chef d’orchestre, de manière générale il gère ses projets en tenant compte de nombreux facteurs et il a une vision élargie. Toutefois, il est aussi en quête d’harmonie et de cohérence, or, vous devez accepter que les marchés ne soient pas efficients ou rationnels. Le stratège va utiliser cette notion de cycles pour tenter de trouver une signification aux mouvements, ce qui n’est pas toujours possible, car il faut garder en mémoire que les cycles ne sont pas exacts, nous sommes loin du coucou suisse.

Un trader qui va appuyer la base de sa stratégie sur les cycles doit impérativement être méfiant et dominant. Ces deux instincts sont indispensables, ceux qui ne le sont pas utiliseront les cycles en toile de fond et s’appuieront sur autre chose pour construire leur système. Ensuite, ils peuvent être, au choix gestionnaire et novateur ou gestionnaire et stratège, mais la facette gestionnaire est indispensable pour contrebalancer les effets négatifs de la dominance. Un dominant n’est pas patient, il est de mauvaise foi et il peine à faire des efforts, un gestionnaire sais faire tout ça, il y aura donc des dissonances qui vont réguler le comportement du trader et lui donner à la fois la capacité à avoir un money management spécifique et la motivation pour bien se préparer.

 

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