Quand rien ne va plus, l’analyse factuelle

Nous sommes tous pareils, quand tout va bien, nous considérons que c’est normal et quand tout va mal, nous cherchons un coupable.

En trading, le coupable est vite trouvé : c’est nous-mêmes. Vient alors l’inévitable : « Je suis nul, je n’y arriverai jamais, j’ai envie de me mettre des claques » Bref, on se déteste et que souhaitons-nous aux gens que nous détestons ? Pas que du bien…

Lorsqu’un trader a mal géré son compte et qu’il perd de l’argent, la réaction automatique est donc la culpabilisation, la tristesse et la colère : somptueux programme ! Face a ces émotions fortement désagréables, il y a plusieurs choix possibles, certains sont judicieux, d’autres non.

– A éviter :

S’allonger et attendre que ça passe :
Un réflexe d’inhibition (conf « réaction au stress ») vous plonge dans une apathie ouatée. Les minutes, les heures et les jours passent sans odeur et sans saveur. Plus de goût pour rien, vous avez perdu l’envie. Si cette réaction est naturelle et normale, il vous faut bien comprendre une chose : Vous êtes le seul a pouvoir décider de vous en sortir et cette décision, il faudra bien la prendre…

Se refaire vite fait, mal fait :
Ne dit-on pas que lorsque l’on tombe du cheval, il faut vite remonter ? Et bien, pour le trading, cette maxime pourtant pleine de sens ne fonctionne absolument pas. Ce qui va dicter vos choix à cet instant n’est pas la configuration de marchés ou la stratégie, mais votre besoin de vous rassurer. Vous êtes émotionnellement affaiblis, vous maximisez donc la potentialité de faire de grosses erreurs de jugement, n’allez pas vous exposer encore plus pour risquer de reprendre une claque.

– A faire :

Après une grosse perte, vous devez reprendre la maîtrise sur ce qui est maîtrisable afin de pouvoir accepter votre absence de maîtrise des marchés.

Qu’est-ce qui est maîtrisable ? Votre process de travail, la manière dont vous l’appliquez.

La première question est donc : ai-je un process de travail clair ?
Mon marché, mon UT, mes points d’entrée, ma gestion, mon exposition, mes points de sortie.
Le process, ce sont aussi les outils : ma plateforme, mon broker, mes impératifs techniques, mes EA au cas échéant.
Bref, pour faire court : ai-je mis en place une procédure de gestion claire?

Ensuite, pour tous ceux qui ont répondu par l’affirmative, vient la question qui fait mal :ai-je bien respecté mon process ? Si vous avez fait une grosse perte, tout est à parier que non. Alors à partir de quand avez-vous commencé à dévier de votre process de travail ?

Était-ce subi et conjoncturel ou le glissement s’est-il opéré progressivement, sans que vous ne le voyiez venir ?
Pour répondre à cette question, qui est l’objet de cet article, voici une méthode d’analyse :

1- Collecter les informations de base :
Vous devez avoir un éventail de trades assez large (100 à 200 trades pour les scalpeurs, 20 à 50 pour le swing)
Reprenez vos graphiques en marquant l’entrée et la sortie pour chacun d’entre eux. Dans un premier temps, vous n’allez pas analyser, mais uniquement reporter ces 2 infos : quand je suis rentré, quand je suis sorti.
Sur un document annexe, vous décrivez clairement les configurations attendues pour rentrer, gérer et sortir.
Ex : Je rentre sur telle config des MM, sur telle valeur de l’oscillateur, sur telle config graphique.
Je risque tel pourcentage de capital. Mon stop est dynamique ? Quelle mode de placement. Mon stop est fixe ? A combien. A combien je m’expose
Bref, vous notez tous les facteurs techniques de vos décisions et de votre gestion.

2- Confrontation de la théorie et de la pratique :
Vous avez vos trades passés d’un côté, votre système théorique de l’autre, alors la question est simple : ai-je appliqué en pratique ce que je prévois en théorie ?
Dans un tableau Excel, répertorier la liste des trades avec les dates,les résultats, si oui ou non ils correspondent au process. 3 Colonnes suffisent !
De ces 3 colonnes, vous pourrez tirer plusieurs conclusions :
Mes résultats sont-ils meilleurs lorsque je respecte le process ?
Y a t-il des séries, des points de rupture, des récurrences ?

3- Comprendre :
C’est ici que les choses deviennent impalpables : pourquoi je n’ai pas respecté le process ?
Quelle était mon intention et le bénéfice caché d’une attitude que je sais m’être préjudiciable ?
Quelle conclusion puis-je en tirer ?

Répertorier de façon factuelle les actions afin de tenter d’en comprendre le déroulement dramatique vous permettra de prendre de la distance, afin que chaque obstacle, chaque échec ne soient plus en vain, mais deviennent des graines de réussite.

Bon courage à L 🙂

J’écris cet article entre 2 portes , rapidement, alors n’hésitez pas à poser des questions si vous souhaitez que je développe plus précisément certains points.

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