Reconnaitre les limites du libre arbitre

Nous aimerions tous croire que nous contrôlons totalement nos choix et nos actions. Ce serait si simple et si sécurisant. En trading, nous sommes très souvent guidés par notre libre arbitre, souvent, mais pas toujours. Il arrive que le traders cède à des forces intérieures plus fortes que le libre-arbitre.

Un fumeur est prêt à faire des dizaines de kilomètre pour aller chercher son paquet de cigarette, et c’est exactement la même chose pour l’attraction sexuelle qui pousse vers l’autre avec une force irrésistible : il nous arrive à tous de céder à des impulsions totalement en dehors de notre libre-arbitre.

Les études en psycho et neurosciences montrent très bien la limite de notre libre-arbitre : des forces intérieures qui nous poussent dans une direction opposée à notre propre intérêt ; de manière irrésistible ; c’est plus fort que nous. Le besoin de gagner contre l’acceptation de perdre, chercher à se rassurer alors que l’on doit se remettre en question, garder ses illusions alors qu’elles nous détruisent … etc

Des voix intérieures s’affrontent, générant de la culpabilité, de la tristesse ou de la colère. Le « je » finis toutefois par trancher et décider, ce « je » le fait-il en conscience, est-il manipulé par l’ego, la cupidité, la peur, ou laisse t-il délibérément de l’espace à sa pulsion ? A chacun sa réponse, mais il est une chose générale, c’est que le trading est un lieu où toutes ces pulsions se nourrissent à foison. Le trader fait parfois tellement d’efforts pour les faire taire lorsqu’il travaille, qu’en dehors, elles s’expriment de manière chaotique et violente.

Je pense à C qui parviens à garder un maintien militaire dans son trading et qui finis par « péter les plombs » en dehors de son espace de travail, mettant sa famille en péril de manière irrésistible.

Le problème de C n’est pas ce qu’il risque, mais ce qu’il n’est pas prêt à perdre. Il sait, intellectuellement, que certaines attitudes mettent l’équilibre de toute sa vie en danger, mais il n’est absolument pas prêt à assumer les conséquences de ses actes ; ce qui le rend extrêmement vulnérable.

Certains clients me disent, a propos de comportements néfastes à leur performance : « j’y peux rien, c’est comme ça ». De cette manière, ils se déresponsabilisent, ils subissent leur propre démon, et même mieux, ils les nourrissent de leur défaite annoncée. Ils se positionnent en victimes, incapables de faire face à ce qui leur nuis profondément.

Alors, je voudrai vous dire à tous : Courage !

Et je vais citer une phrase du groupe Fauve : « L’important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisis d’être » . A chacun de trouver son propre lieu d’effort et de maitrise et son lieu de repos et de ressourcement.

Une fois n’est pas coutume, dans cet article je ne fais que soulever un problème et n’apporte pas la moindre piste de solution, c’est l’été, je me repose, à vous de faire le travail !

6 réflexions au sujet de « Reconnaitre les limites du libre arbitre »

  1. Bonjour Caroline!

    La vérité c’est qu’il est bien plus facile de suivre son libre arbitre. Aller à son encontre représente pour la majorité des gens une tâche trop ardue pour s’y attaquer. La complaisance de mettre tout sur le dos de notre libre arbitre, est comme un baume sur nos blessures causées par nos comportements stéréotypés.

    Personnellement, il y a plusieurs années maintenant, j’ai fait le choix de me battre contre mon libre arbitre, de lui donner la raclée à l’occasion, et si tu savais le bien que cela me procure…c’est indescriptible, tellement c’est bon.

    Chaque individu dans chaque situation que la vie lui impose, a le choix, celui d’écouter son libre arbitre et celui de lui flanquer une raclée et de faire comme bon lui semble, mais cela demande du cran, ce que tous n’ont pas, malheureusement.

    Martin
    http://www.investir-a-la-bourse.com

    1. C’est très intéressant Martin!

      Ce qui m’interpelle, c’est que vous « choisissez de vous battre contre le libre-arbitre » ; mais, si c’est un choix, c’est du libre arbitre justement….?
      A moins que je n’ai pas compris, j’ai plus l’impression que vous parlez de lâcher-prise, d’écoute de ses émotions et de pied de nez à la raison.

      Est ce de cela dont vous parlez?

      Caroline

      1. C’est une opinion très tranchée je trouve.
        Vous pensez que le libre arbitre n’existe pas en trading, ou de manière générale?

      2. C’est une opinion tranchée car elle n’est pas populaire. Pourtant, elle fait son chemin … Et non, il n’existe ni en trading ni de manière générale.

        Nous n’existons qu’à travers les connaissances acquises par le passé, son passé. A travers, sa capacité de réflexion (QI), son histoire relationnelle familiale et son histoire culturelle et spirituelle.
        Sans entrer dans les détails (mais ils existent et sont pertinents), nous ne prenons jamais de décisions que notre cerveau a pu sélectionner.
        En fait, il est illusoire de croire que nous les maîtres de nos actions et bien plus encore de nos pensées ou émotions. Et le cran dont parle Martin, il le dit lui-même ! « tout le monde ne l’a pas ». C’est simplement l’expression d’une capacité, puisée dans un réservoir d’énergie dont nous n’avons pas accès. Pourtant, il est parti intégrante de nous-même. D’où, une des raisons principales de la confusion.

        Mais, cette notion risque de ne pas trouver d’intérêt dans ton post de départ !
        Par contre, elle rend l’humain meilleur de manière générale …

      3. Bonjour Caroline!

        Effectivement, après une relecture de mon texte, je me rends compte qu’il porte à confusion. Ce que je voulais dire, c’est que personnellement j’y vais toujours avec mes convictions donc mon libre-arbitre, j’ai inversé libre-arbitre et comportement stéréotypé.

        Dans le fond, en tout temps, je demeure mon libre-arbitre, je me réserve ce droit.
        Martin

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