Résonnance de l’échec et de la réussite

Pourquoi nos échecs restent-ils généralement gravés en nous plus profondément que nos réussites ?

On peut trouver bien des réponses sociales et psychologiques, par exemple : l’échec a des conséquences graves, j’ai travaillé si fort que la réussite est normale, ou encore, le regard des autres est dur à assumer si on se plante. Toutes ces raisons peuvent être exactes, et répondre, en partie à la frustration, la tristesse ou la colère de l’échec. Et pourtant, elles ne sont pas suffisantes, et même plus ; elles ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Nos échecs peuvent nous faire effroyablement souffrir car, dans la nature, il y a des centaines de victoires pour un seul échec. Au niveau archaïque de notre développement, nous n’avions pas le droit à l’erreur, sous peine de mort immédiate. Dans le monde sauvage, les animaux trouvent leur nourriture tous les jours (presque !), se mettent en sécurité continuellement, jusqu’à la mort. Et le premier échec peut aussi être le dernier, car ils n’ont pas de deuxième chance. Ainsi, instinctivement, nous associons l’échec à un risque de mort.

Sur les marchés, ces réflexes primaires sont exacerbés par l’environnement hostile dans lequel nous évoluons, et lorsque nous commençons à faire une perte, nous nous sentons en danger, et pouvons céder à la panique qui nous pousse encore plus rapidement vers le précipice : reculer son stop, moyenner, augmenter son levier ; les mauvaises décisions face à un échec imminent sont nombreuses ! Nous savons que ce sont de mauvaises décisions et pourtant, on le fait quand même, plus ou moins souvent.

Pourquoi d’après vous?

Comment pouvons-nous désamorcer ce réflexe de panique qui nous submerge parfois ?

Il y a plusieurs pôles de travail disponibles pour y parvenir; que je ne développerai pas aujourd’hui, faute de temps. Je reviendrai précisément sur chacun de ces pôles dans des articles dédiés :

  • La curiosité
  • L’acceptation de la réalité
  • Les nuances dans les représentations (perception)
  • Relativité
  • Réflexion logique
  • Opinion personnelle

Quand l’échec est là, on ne peut plus changer la situation, par contre, nous pouvons changer ce que nous en ferons. Dans notre monde d’hommes, l’échec n’est plus synonyme de mort immédiate et peut même être perçu comme une chance pour se surpasser.

 

5 réflexions au sujet de « Résonnance de l’échec et de la réussite »

  1. Ces articles me font réfléchir. Je vais tenter de partager mes idées, réflexions à ce texte.

    1ere réflexion : une enfance lourde de conséquence…

    Pour reprendre un article précédent de psychotrade, nous avons plusieurs états, états parents, Etat adulte et l’état enfant. Le sentiment d’échec peut nous renvoyer à nos échecs rencontrés enfant.

    Quelques échecs possibles de notre enfance : pour certains c’est l’échec scolaire; d’autres l’échec dans le sport, ou bien à un concours de musique. Qui n’a pas connu l’echec dans son enfance ? On connait tous autour de nous un enfant qui a arrêter le foot, le volley, la guitare parce qu’il n’était pas bon, l’enfant ne se sentait pas à la hauteur, découragé…. Beaucoup d’adultes reparlent de ces événements avec ressentiments.

    quel exemple, quelle éducation avons nous reçu face aux difficultés? quel rôle ont joué certains parents dans se sentiment d’échec…certains parents ont malheureusement contribué à amplifier un sentiment d’échec. (pas mon cas) . Enfant nous avons peur de décevoir nos parents. Cette peur de décevoir les autres, nous même ne reste t’elle pas ancrée en nous ?!!

    La réussite est vécue comme normale, l’échec est vécu comme une douleur qui me semble durer plus longtemps.

    Alors comment sommes nous prêt émotionnellement a affronter l’échec, les épreuves…?

    2 de réflexion : Apprendre de nos erreurs : est-ce toujours possible ?

    revenons au trading; et cette fois je m’implique davantage :
    Après une période de gains (raisonnables); j’ai connu une périodes de pertes infernales.
    et pourtant je tradais de la même façon. j’ai vécu mes pertes comme un véritable échec.

    Quelle leçon ? sur le moment aucune…je regardais mes trades et je ne comprenais pas mes erreurs. J’ai compris bien plus tard que le marché avait changé et je ne m’étais pas adapté.

    Apprendre de ses échecs : facile à dire mais pas toujours si facile à faire !!!!!
    Désagréable à dire, mais c’est une vérité nous ne sommes pas toujours capable de bien analyser une situation soi même et d’en tirer les leçons. Sans doute car il nous manque à ce moment précis du recul, ou simplement certaines connaissances, et de l’expérience etc…

    3ème réflexion : Réussir ou mourir

    On ne retient que les belles histoires de réussite; mais combien de particuliers ont arrêter de trader car ils ont cramé leur compte. D’ailleurs les particuliers ont déserté la bourse, n’est-ce pas aussi pour cause d’échecs…Ils jettent l’éponge.

    Finalement, il faut peu de temps pour cramer un compte.

    J’ai lu un commentaire terrible sur le blog de psychotrade à cet effet. Les pertes peuvent engendrer de graves conséquences, parfois irrémédiables.

    —-
    Le compte est à 0 = je ne peux plus trader, le compte est mort.
    je le dis ouvertement : Combien de fois j’ai remis de l’argent pour trader encore et encore !!

    Thami kabbaj parle de traumatisme de pertes. je suis tout à fait d’accord avec cette analyse.
    Certains ont la chance, ou l’opportunité de pouvoir remettre au pot, d’autres non…
    Réussir ou mourir reste d’actualité pour le compte de trading…

    Combien de particulier ayant trop perdu ne reviendront jamais en bourse….

    ————-

    J’apprécie beaucoup le blog psychotrade, le travail de caroline c’est pourquoi j’ai répondu assez longuement à son article.

    Merci caroline.

    1. Bonjour Danstrad,

      votre réflexion étant structurée, je vais tenter d’apporter une réponse tout aussi claire:

      1-resistance a l’échec:
      C’est une question bien vaste et il est clair que notre expérience et notre enfance tiennent leur place dans notre rapport a l’échec. Toutefois, aussi dur cela puisse paraître, je pense que c’est une excuse facile. L’enfant que nous avons été a grandis et nous avons du pouvoir sur l’être que nous sommes aujourd’hui. Faire table rase des doutes et des échecs passés fait appel , pour chacun d’entre nous, a un souhait profond et a un choix. L’échec peut aussi être rassurant, dans le sens où cela justifie nos manquements et où cela solidifie notre vision identitaire: c’est normal que j’ai échoué parce que……
      Faire face a l’échec, c’est aussi accepter que l’on en est , ici et maintenant. Les explications restant des justifications a ce que nous aurions pus faire différemment.
      L’échec est un feed-back de la vie, accepter ce retour ne peut que nous rendre meilleur.

      2-Tirer enseignement des échecs:
      Oui, c’est difficile, et alors??
      Je vous rejoins totalement sur la notion de recul.
      Quand on y arrive pas, il existe des techniques simples pour que cela devienne une habitude. La méditation, des technique de neurocognitivisme, ou de PNL; les mouvements de pensée ne manquent pas, mais globalement elles se rejoignent sur un axe de travail: le stress, qui nous propulse dans l’instant négatif et nous empêche de voir plus loin.
      N’oublions jamais que vivre un échec est déjà assez difficile sans qu’en plus il ne nous serve a rien!
      Je me répète, un échec est une réponse, soit nous acceptons de l’entendre et construisons sur des bases plus solides, soit on fait la sourde oreille et on s’enlise?!
      En trading, il y a un autre aspect, l’envie de se refaire immédiatement , très dangereuse. On veut se refaire pour quoi? Se rassurer dans notre capacité a être profitable, oublier la perte, gagner de l’argent. Sauf que pour en gagner , il faut être au mieux de sa forme mentale, et qu’on l’est rarement après une perte. Lutter contre le besoin addictif de se refaire tout de suite est donc un piler a travailler absolument.

      3- Cramer son compte:
      ça arrive oui, surement, peut être.
      Mais c’est tout de même proportionnellement rare de le faire en un jour!! Il y a donc un descente aux enfer longue et évidemment douloureuse, lorsqu’elle s’amorce, je crois qu’il est temps de faire un pose et d’en analyser la source. Pour vous , c’était votre stratégie qui était devenue inadaptée, pour moi, c’était mon esprit de lutte et de revanche. A chacun d’entre nous d’avoir la sagesse de ne pas continuer sur un mauvais chemin, de se poser et de se demander comment remédier a ces pertes. Cela peut être long, laborieux ou douloureux, personnellement, cela m’a demandé environ un an de travail sur mon comportement, c’est pas rien, mais aujourd’hui, je récolte les fruits de ce travail. Pour combien de temps, je l’ignore,mais je reste en alerte.

      Il n’y a pas de solution miracle; a chacun ses casseroles,comme on dit. Ce sera plus simples pour certains que pour d’autres, mais rien n’est impossible. En se donnant les moyens de cultiver ses points forts et de combattre ses faiblesses, le trading offre a tous le moyen de s’enrichir sans dépendre de qui que ce soit, et ça mérite que l’on se batte pour y parvenir.

      Voila…!

  2. Bonsoir Caroline,
    Merci pour votre leçon d’optimisme, mais ça n’est pas vraiment si facile pour tout le monde. Le sentiment de ne pas progresser assez vite dans ma technique de trade et la peur de griller mon compte me réveillent souvent la nuit, malgré tous les exercices cognitifs que j’ai pu faire. Je crois que cette angoisse sourde, permanente, est commune chez ceux qui ont connu un ou plusieurs gros échecs. La sanction sociale et économique, voire familiale, traumatise durablement, inhibe beaucoup d’initiatives, et je ne suis pas certain qu’il existe un remède. Si d’aventure vous en connaissiez un efficace, publiez le au plus vite, il fera des milliers d’heureux.
    Bonne continuation, votre blog est une oasis.

    1. Bonjour Jean-Claude,

      il est vrai que nous ne sommes pas tous égaux face aux revers de fortune, et notre résistance est aussi conditionnée par nos histoire.
      Toutefois, nous avons tous en nous la possibilité d’influer sur notre vision des choses. Nous ne pouvons pas changer les événements passés, mais nous avons pleinement le pouvoir de changer la manière dont nous les percevons. Nous avons tous connus des échecs , et il n’est pas rare que des réussites jaillissent de l’échec, a condition de savoir l’accepter et d’en tirer enseignement.

      Je crois que c’est déjà assez compliquer de vivre un échec, sans qu’en prime il devienne un frein pour notre avenir, qui lui, reste a construire.
      Un véritable travail de résilience , et même , de deuil est parfois necessaire. Deuil de certaines illusions perdues, deuil de comportements qui nous détruisent, parfois, nos souffrance et nos blocages nous offrent une sécurité dans notre identité, on s’y agrippe car nos certitudes , même négatives sont un rempart a l’absence de repères.

      Beaucoup de traders passent un cap où ils se retrouvent nus face au monde, dépossédés de convictions sur eux-même, ce fut mon cas, mes l’avantage de se retrouver nus est qu’on peut choisir de nouveaux vêtements…

      Je vous souhaite bon courage, et si vous voulez m’en dire plus, vous pouvez me contacter dans la rubrique « contact »

      Caroline

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