Trouver la bonne réponse…

Nous posons tous un grand nombre de questions chaque jour. Anodines, complexes ou informatives, dans la très grande majorité des cas, elles n’ont pour unique but que de confirmer ou préciser ce que nous savons déjà, sans chercher à élargir notre vision et nos possibilités.

Les philosophes antiques savaient poser des questions, des questions qui grandissaient leurs disciples, qui élargissaient leur imaginaire et leur projet. Les questions de Socrates et d’Aristote n’avaient pas forcément l’objectif de trouver des réponses, mais uniquement d’ouvrir un univers entier d’alternatives, parfois farfelues, mais bien réelles.

Notre éducation, notamment au niveau scolaire, ne nous apprend plus à nous poser ce type de questions, considérées comme inefficaces et non productives. On nous pose des questions pour vérifier que nous avons bien appris, bien compris les messages martelés à grand renfort de manuels et de théorèmes. Nous nous sommes peu à peu enfermés dans des questions sclérosées, limitantes. La question est donc devenue une injonction, une interrogation qui ne sert en fin de compte qu’à confirmer ce que nous savons déjà.

Se poser la bonne question est tout un art, auquel nous ne sommes absolument pas préparés dans toutes les facultés, prépas ou autres « grandes » écoles censées former les esprits brillants de notre siècle.

« Pourquoi et Comment ? » partent du principe que les hypothèses de base que nous avons sont les bonnes et nous enferment dans un mode de pensées privilégié, alors qu’il n’est pas forcément le meilleur.

Exemple :« Pourquoi je prends des trades impulsifs ? Pourquoi je gère mal mon risque ? »

Ces questions partent du principe que le système de trading est bon pour moi, mais que je ne parviens pas à m’y conformer.
Elles soulignent donc mon incompétence et ne partent absolument dans l’exploration de mes possibilités. Je vais donc partir à la recherche de causes diverses et variées de cette incompétence, sans remettre en cause le postulat de base du système et de son adéquation avec ma personnalité, mes leviers comportementaux.

Si vous lisez cet article, c’est que vous êtes pleinement acteur de votre trading. Performant ou non, vous vous documentez, vous cherchez, vous êtes curieux et vous n’êtes ni attentiste ni passif et vous avez une démarche active par rapport à votre trading.

Au lieu de bloquer sur le « Pourquoi je n’obtiens pas les performances souhaitées ? », je vous propose de prendre du recul, de changer de point de vue pour élargir votre champ de réflexion.

Il existe 4 points de vue de base :

Acteur : j’ai agi et j’ai un résultat insatisfaisant, je me demande comment agir mieux, avec toute la pression et le stress que cela peut engendrer.

« Pourquoi j’ai pris ce trade ? Pourquoi je n’ai pas coupé plus tôt ?… »

Observateur : j’ai agi, j’ai collecté un certain nombre d’informations et j’écris mon journal de trading. Je suis toujours affecté par mes actions, mais je tente d’être plus factuel:

« Quelles décisions ai-je prises ? Quel en a été le résultat ? »

Introspection : Lorsque j’opérais, j’ai ressenti un certain nombre d’émotions désagréables : peur, frustration, espoir …

« Qu’ai-je ressenti avant et pendant le trade ? »

Méta : J’ai agi, j’ai observé les conséquences de mes actes, je me suis demandé comment je me sentais, je vais prendre encore de la hauteur avec l’ensemble des informations à ma disposition :

« J’étais en perte latente, j’ai refusé cette perte, alors j’ai repoussé mon stop, j’ai hedgé ma position, j’ai moyenné, etc.. j’avais peur, j’étais anxieux, j’espérais avoir raison… Que peut-il m’arriver de pire si je fais une perte ? Qu’est-ce cela me prouve d’avoir raison ? Ma vie serait-elle différente si j’avais mieux géré ce trade ? En quel sens ? Que puis-je faire pour mieux faire ? »

Ces 4 points de vue s’éloignent progressivement du « problème » afin de voir un panorama dégagé.

Pour illustrer cette image du point de vue, imaginons une tempête de neige :

Vous êtes perdu, dans la campagne, aucun abri à l’horizon et le vent cingle votre visage meurtri par le froid et la neige. Votre vérité, c’est que cette tempête est vectrice de souffrance et de peur.

Maintenant, disons que vous êtes bloqué dans un chalet confortable, au chaud, devant une cheminée, une coupe de champagne à la main, avec la personne que vous convoitez depuis de mois. Votre vérité, c’est que cette tempête est vectrice d’espoir et de plaisir.

Autre point de vue, vous êtes dans un avion, au-dessus des nuages, en partance pour une ile paradisiaque. Votre vérité, c’est que cette tempête est vectrice de satisfaction : « Ils ne doivent pas avoir chaud là-dessous ! »

Vous ne pouvez pas contrôler la tempête, et souvent, votre point de vue est dicté par la situation dans laquelle vous vous trouvez, mais gardez toutefois à l’esprit que vous gardez un certain pouvoir sur lui.
Se poser de bonnes questions et la première étape pour avoir de bonnes réponses, alors ne vous en privez pas !

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