tu veux des sous? Facile!

Que de soubresauts pour ce début d’année 2015 en ce qui concerne l’Euro ! Il y a moins d’une semaine avec la mesure coup de point sur le franc suisse et aujourd’hui, avec l’annonce de la BCE de faire marcher la planche à billets, c’est une bien mauvaise période pour l’analyse technique et force est de constater que bon grés, mal grés, le trader Forex se doit de faire attention à l’environnement plus qu’instable sur l’euro et aiguiser son esprit critique avec des approches fondamentales.

Plus que jamais, il devra sortir ses antennes et la spéculation en swing devient finalement un jeu de dés tant les meilleurs analystes ou économistes ne peuvent aujourd’hui décemment prédire l’impact des nouvelles colossales qui nous tombent sur le nez. Alors certes, chacun y va de son avis : les catastrophistes crient à l’hérésie en brandissant l’exemple du Japon et les optimistes préfèrent regarder ce qu’il se passe outre Atlantique et voir dans cette mesure bien plus qu’une planche à billets, mais une planche de salut, carrément.

Une seule chose est certaine, c’est un coup de pile ou face. En même temps, je peux facilement comprendre ce choix, il faut faire quelque chose, même si c’est stupide, même si cela peut plonger toute l’Europe dans un marasme économique et social irrattrapable de mémoire de vivant.

Au lieu de faire des réformes de fond qui vont mettre toute L’Europe en grève, il vaut mieux créer de la monnaie qui ne repose sur rien, c’est évident. Et tout le monde est content : le Français moyen garde les acquis sociaux si chers à son cœur, les politiciens ne sont pas dans l’obligation de prendre des mesures impopulaires, et les Asiatiques continuent de travailler comme des acharnés pour accroitre leur PIB. Non, franchement, tout le monde s’y retrouve, il n’y a pas à dire !

La dette ? Quelle dette ? Vous avez vu de la dette vous ? Ah oui ! Mais ce n’est pas grave, regardez, on va imprimer plein de billets et on en parle plus ! C’était pourtant simple, pourquoi ne l’avons-nous pas fait plus tôt ?!

Vous l’avez compris, même si j’ignore l’impact de cette décision sur l’économie européenne ( en conscience, personne ne peut affirmer quoique ce soit) , je déplore cette habitude méprisable de toujours chercher la facilité et ce gout pour la déresponsabilisation. La crise financière aurait pu donner l’occasion au monde occidental de se poser des questions de fond comme : comment vivre avec nos moyens ? Comment accroitre nos moyens ? Comment créer réellement de la valeur ? Comment repenser nos modes de consommation pour inventer le modèle de demain ? Mais non, la solution la plus rapide étant toujours la plus efficace : Vous avez besoin d’argent, pas de soucis, combien je vous en imprime, 50, 100, 500 milliards d’euro ? Pas de problème !

Pourquoi les grands de ce monde prennent-ils des décisions aussi irresponsables, cela me dépassera toujours.

Passons, ce site n’a pas pour vocation de partager mes opinions politiques ou sociales, mais à traiter du comportement du trader et j’y reviens, veuillez m’excuser pour cette digression.

En ce moment, il y a un choix à faire avec plusieurs alternatives :

– Soit opérer en très court terme, sortir aussi vite qu’on rentre et éviter les heures d’annonces de tsunami boursier.
– Soit devenir un économiste zélé en 3 leçons et prendre un abonnement aux flux d’information (type Reuters qui ne coute pas plus de 30ke/ an : moins cher que donné) pour avoir l’illusion d’opérer avec un certain contrôle.
– Soit être le jouet des annonces à venir
– Soit passer son chemin et aller chercher bonheur ailleurs

Personnellement, j’abandonne l’idée de devenir la madame Irma du Forex et ces jours-ci, si j’y opère effectivement, c’est pour continuer à tester un robot de trading automatique très court terme, avec une exposition ridiculement faible. J’évite les parités en Euro et privilégie le Yen. En manuel, je délaisse le Forex au profit des indices et futures, car je ne sais qu’une seule chose, c’est que je ne sais rien et je préfère attendre que le rythme des douches chaudes et froides se ralentisse sensiblement avant d’y revenir.

Une fois n’est pas coutume, cet article traite peu de l’aspect « psychologie individuelle » pour se concentrer sur une réflexion plus globale. Si vous recherchez ici une analyse sur les tendances à venir, passez votre chemin, car j’attends comme vous la prochaine annonce visant à redresser notre économie moribonde avec une curiosité mêlée à de la moquerie : de quelle couleur sera le prochain pansement que nous mettrons sur notre jambe de bois ?

Bons trades tout de même !

23 réflexions au sujet de « tu veux des sous? Facile! »

  1. Bonjour caroline,
    je serais vraiment surpris qu’il y ai beaucoup de personnes contre votre avis.
    Depuis 35 ans maintenant, nos gouvernements successifs se sont installés dans un moule, une routine, qui privilégie l’ambition, le pouvoir au détriment du bien être commun.
    Aujourd’hui nous sommes confrontés à des choix importants. Ceux que vous avez cité. Au lieu de faire face, de renverser les habitudes de chacun, du plus bas de l’échelle au sommet. Ils font l’autruche et préfère passer les rênes dans les difficultés aux financiers (bce). Ce n’est pas ce que l’on attend d’un président. Surtout que le risque de voir la classe moyenne perdre en qualité de vie est tres important!
    L’avenir nous le dira, mais il ne faut pas etre devin pour savoir que c’est encore le bon peuple qui paiera les erreurs de la frilosité de nos énarques.

    Continuez caroline , à nous montrer le chemin de la sagesse, tant au niveau du trading, qu’à celui du monde dans lequel nous vivons.
    Amicalement,
    Hervé.

  2. je suis tout à fait d’accord avec vous Caroline, pourquoi être plus royaliste que le roi? pourquoi prendre sur nos frêles épaules des responsabilités prises par des pseudo économiste qui se sont évertué à construire des château de cartes durant ces dernières.
    Au contraire faut profiter de cette situation qui nous donne cette forte volatilité et donc l’opportunité inespérée de se faire du blé doré. Notre seule problème à gérer est de capitaliser ces gains dans des actifs autre que du papier pour se construire des châteaux de pierre. Je n’ai qu’un seul mot à dire à ces incompétents : MERCI.
    Amicalement
    Pascal FE
    finance-krach-survivor.com

  3. bonjour Caroline,

    excellent article, merci, on se sent moins seul! Vous savez quoi? à l’heure où je vous lis, je compte mes sous perdus dans mes derniers trades et je viens de décider un changement radical de ma stratégie, justement pour les raisons que vous évoquez!
    J’ai acquis la conviction que l’analyse technique ne suffit pas. Nos seuils, résistances, supports, moyennes mobiles et autres pivots ne pèsent pas lourd face à l’impact des news. Plutôt que d’éviter celles-ci, je vais au contraire tâcher de les exploiter en ne traitant que pendant les grandes annonces économiques. Et je suis effectivement sur le point de m’abonner à un flux de nouvelles en temps réel, ransquawk pour ne pas le nommer, que j’ai testé avec satisfaction (ceci n’est nullement de la pub). Pas plus tard que cette nuit dès 02h45 tapantes, cela permettait par exemple de bien exploiter la volatilité sur le dollar australien, dans le sens de la tendance, au moment de la publication de l’indice manufacturier chinois HSBC PMI.
    On ne peut certes pas réellement prédire l’impact d’une nouvelle ou d’une statistique sur un actif, mais on sait au moins que ce sont les news, et la façon dont elles sont perçues, qui font bouger le marché. Ce n’est pas parce qu’elle SEMBLE plus difficile et plus aléatoire que l’analyse technique qu’il faut jeter aux orties l’analyse fondamentale. Bien au contraire.

    Meilleures salutations, et merci pour vos billets Olivier

    1. Bonjour Olivier,

      Trader les news peut évidemment être une option, et plusieurs stratégies spécifiques s’appuient sur cette idée de trading: profiter de la volatilité conjoncturelle.

      L’AT reste toutefois importante dans du trading de news car elle influence les opérateurs et il faut donc mettre en place une méthode d’analyse mixte avec de l’AT et de l’analyse fondamentale.

      Une question que je me pose par contre, c’est l’impact des HFT qui, s’ils n’ont pas la news plus tôt que le trader manuel (ce qui reste à valider!!!) réagissent en tout cas beaucoup plus vite. Dans du trading de news, le trader a donc un train de retard, à moins qu’il se positionne avant la news évidemment.

      Dans ce cas, l’ autre approche possible est statistique et mathématique: partant du principe que l’on ignore les effets de la news (et dans ce cas, le trader ne cherche même pas à savoir!), il élabore une politique de risque spécifique avec un RR très déséquilibré (stop proche et target plus éloigné).

      Je crois toutefois qu’il y a plusieurs freins (surmontables) à cette approche:

      cela demande une personnalité bien particulière et peu de personne seraient en mesure d’appliquer cette approche ( peu de réactivité à l’enjeu et à l’incertitude, instinct de guetteur et forte dominance, gout pour la conceptualisation et rapport pragmatique à la notion de sécurité : profil novateur-gestionnaire/ marginal/dominant. Je pense que c’est le seul profil apte à vivre avec ce type de systéme de trading)

      – il faut être bien capitalisé car il arrivera plus ou moins fréquemment qu’il y ait des gaps de cotation et le stop sera exécuté plus loin que prévus

      – Exposition faible

      – Gros travail de mise en place statistique

      Je sais que cette méthode ne convient pas à mes réflexes personnels, mais je conçois que cela peut fonctionner.

  4. Bonjour Caroline,

    Oui dans l’ensemble je suis d’accord avec vous sur le plan économique, faire marcher la planche à billets n’a jamais été une solution et le mécanisme n’est pas nouveau. Et nos sociétés « occidentales » sont toujours pleines d’imaginations pour déporter leurs dettes sur les minorités défavorisées du monde quitte à les opprimer un peu plus pour qu’ils ne se rebiffent pas. Seulement il y aura un jour où cela ne marchera plus et nos dirigeants actuels le savent bien. Leur cynisme poussé à l’extrême leur fait simplement penser qu’ils ne seront plus de ce monde lorsque cela arrivera. Ce sont les générations futures qui écoperont des problèmes mais qui se souviendra d’un Draghi, d’un Greenspan, d’une Yellen etc… ?

    En tous les cas pour ma part préférant le forex pour son côté très dynamique, je ne fais pour l’instant plus de swing jusqu’à ce que les US se prononcent mieux sur leur politique de taux. Seulement du DayTrading sur EURUSD, ça suffit amplement pour vivre en faisant très attention aux configurations fumeuses et aux journées à news explosives. Bien que la journée d’hier avec l’annonce de Draghi n’était pas trop compliquée techniquement parlant.

    Bonne journée.

    Très cordialement
    Arnaud

  5. … juste encore deux mots, parce que ça me fait plaisir, à la suite de votre dernier billet et après la consultation de votre interview sur videobourse.fr.

    Je trouve votre approche intéressante car elle prend en compte l’aspect multidimensionnel du trading: technique, pyschologie (ou vice-versa) et, donc, analyse fondamentale (à venir)… On n’en a jamais fini, surtout si l’on sait qu’il faut encore faire le tri entre le trading mécanique et discrétionnaire, choisir ses unités de temps, les actifs traités, etc. Vertigineux.
    Je viens de réaliser une semaine catastrophique après quatre mois ou j’avais sextuplé (sur quelque 300 trades) la valeur de mon compte. Mon côté impulsif, compulsif parfois, peut expliquer cette perte sèche, mais pas seulement: il se trouve que j’étais malade (grippe) cette semaine. Or j’ai continué à trader comme si de rien n’était, et même plus. Tout s’est brouillé. Et cela se paie cash.
    C’est un monde complexe, et il peut être rassurant, sinon vital, de se définir un cadre d’action précis, des règles. Rigueur, méthode, constance. En même temps, ne pas laisser une porte ouverte au trading discrétionnaire ne revient-il pas aussi à limiter ses possibles?

    Autre paradoxe à gérer, le trader est tenté sans cesse de chercher un autre avis pour confirmer son analyse et suggérer un trade. Echanger, oui, mais… expérience faite, mes plus grosses pertes l’ont été quand j’ai suivi aveuglément l’idée de trading d’un autre!

    Bon, j’arrête, et au plaisir de vous lire
    Olivier

    1. L’excès de confiance se paie cher en trading et personne n’est à l’abri de réactions compulsives.
      C’est très difficile de s’arrêter lorsqu’on est pris dans cette spirale: la frustration poussant à s’enliser toujours un peu plus dans de la colère et des réflexes d’attaque, le trader veut et croit qu’il va se refaire. Sa structure mentale à cet instant l’empêche d’analyser rigoureusement le marché et il ne respecte plus sa politique de risque et sa politique d’exposition, ce qui fait encore monter la pression pour encore plus d’erreurs…

      Il y a aussi la dynamique d’engagement, arréter temporairement de trader reviens à accepter de vivre avec la perte récente et c’est trés difficile; nous aimerions tellement effacer la douleur et on se dit, plus ou moins a tors que c’est possible: un trade gagnant lourdement exposé et c’est bon, ni vu ni connu j’t’embrouille. Le pire, c’est que parfois ça marche, ancrant encore un peu plus l’idée que c’est possible, et la fois suivante, cela marche pas et l’escalade se poursuis, douloureuse, meurtrière..

      J’ai tellement vécus cela, et le pire, je vais vous le dire, même si j’ai parfaitement compris comment ça fonctionne, même si j’ai mis en place un process opérationnel qui m’aide à ne pas me faire prendre (routine, check-list, méditation, standardisation ou « mécanisation ») et bien, ça m’arrive encore de me faire prendre!! Oh!! Pas bien!!
      Si je vous le dis, sachant que ce n’est pas hyper positif pour mon image, c’est pour bien illustrer que personne, PERSONNE, n’est à l’abri!

      Pour ce qui est de la question de la mécanisation qui limite les possibles, je ne peux être que d’accord avec vous, mais comme je l’expliquais dans un autre article: je crois que choisir, c’est renoncer. Limiter les possibles signifie aussi limiter les possibilités de ruines, c’est mon avis, et il n’engage que moi.

  6. Excellent article Caroline!

    Perso, Je suis aux aguets mais je demeure pleinement investi. L’histoire nous démontre que les tempêtes passent et que le beau temps revient par la suite. Il ne faut que veiller à ce que la tempête nous épargne un peu.

    Pour le reste, la vie continue avec ses hauts et ses bas et l’objectif de l’investisseur autonome gagnant sr le long terme consiste à accentuer les haut et amoindrir les bas.

    Martin

  7. Bonjour Caroline,

    Très bon article qui reflète exactement ma pensée mais je ne saurais pas l’écrire aussi bien !
    Pourquoi les politiques continuent à prendre des décisions stupides ? Parce qu’elles leurs permettent d’atteindre la prochaine élection ! Après moi le chaos (dixit F. Mitterand)

    Merci pour cet éclairage sur le trading. Perso je ne fais plus que du scalping du Dax et Footsie.

    1. C’est drôle comme la vie est bien faite…

      Il y a quelque jours, un lecteur assidu et trader pro me conseillait de lire un livre: Le cygne noir de Taleb, En bonne lectrice compulsive, j’achète et intriguée, je commence à lire après le déjeuné et que dit-il (entre autre)? Que personne ne sait rien, que la somme des informations mis à notre disposition pour prendre une décision est toujours limitée et que la manière de traiter ces infos limitée est partiale, aux vues de nos compétences, de notre histoire etc. Si j’ajoute à cela, dans le sujet qui nous occupe aujourd’hui, la peur de certains dirigeants et la pression d’enrichissement et d’accomplissement individuel, on obtiens de décisions iniques.

      Je ferais une chronique sur les idées de Taleb qui me ravissent pour plusieurs raisons : la première, c’est que je ne sens tout à coup moins seule à défendre l’idée qu’on ne sait rien et que la vie est par essence incertaine; la deuxième est que c’est le premier « expert » public qui apporte de l’eau à mon moulin et que, perdu au milieu d’un désert remplis d’analystes et d’experts « bienveillants », mon moulin en avait bien besoin:-)

      Je crois que chacun pense faire au mieux, selon sa propre grille de lecture et que les têtes pensantes ne veulent pas savoir qu’elles ignorent, tout simplement…!

  8. Bonjour,
    j’ai trouvé cet article très pertinent et surtout tellement réaliste!!
    Voilà c’est tout ce que j’avais à dire mais je tenais à l’écrire.
    Bonne continuation.
    Perso je trade sur le Forex et un peu les indices mais le pense inverser prochainement la tendance c’est à dire aller plus sur les indices DAX 30 et CAC40 .

  9. Il y a plusieurs façons d’ avoir des euros : vendre son travail , vendre ses idées ,
    vendre des  » marchandises  » comme des objets que l’ on fabrique , acheter des
    billets de loterie : c’ est la chance , revendre des  » marchandises  » que l’ on a
    déjà achetées comme … tout ce que l’ on a déjà acheté .
    C’ est là que se trouve la Bourse où l’ on peut acheter – citons pour simplifier –
    des actions ; et les revendre .
    La Bourse – Regardons des graphiques qui donnent le prix de différentes actions
    sur un an . Certains montent : ce qui indique que le prix de l’ action devient plus
    cher avec le temps qui passe . Certains descendent : inversement le prix de l’ action
    devient moins cher avec le temps qui passe . Certains montent puis descendent .
    Certains descendent puis montent .
    En résumé on trouve une multitude de graphiques différents .
    Alors c’ est facile pour avoir des euros !
    On achète quand le prix est au plus bas et on revend quand il est au plus haut :
    à nous les euros ! Cà peut marcher ? … hélas ! Pas chaque fois : comme pour la
    loterie , il y a la chance …
    Il y a aussi les méthodes que des petits ( ou grands ) malins trouvent ou inventent ,
    basées sur … un tas de choses : l’ époque , le moment , l’ actualité avec ses
    nouvelles bonnes ou mauvaises , le prix de toute sorte d’ ingrédients – pétrole ,
    or , récoltes –
    Parmi ces méthodes y en a-t-il une qui marche ? On dit qu’ un Tel
    est devenu millionnaire : vite ! On essaie … çà ne marche pas … mais on sait
    pourquoi : un impondérable a fait son apparition ; manque de pot !
    Il faut recommencer . Un jour çà marche un peu ; un jour çà ne marche pas .
    Si les jours s’ équilibrent : on a de la chance … mais de là à devenir
    millionnaire …
    Henri

  10. Bonjour Caroline,
    Merci pour cette analyse pertinente !

    Petite question maintenant : vous dites que vous délaissez le forex au profit des indices. Mais quand je vois la volatilité des indices (notamment en réaction au forex, cf. SMI // mais aussi en réaction à la BCE, cf. CAC40), j’ai du mal à comprendre. Les deux sont tellement corrélés que je ne vois pas l’un sans l’autre. Pouvez-vous éventuellement m’expliquer votre stratégie sur les indices ?

    Bonne journée !
    Nicolas

    1. Bonjour Nicolas,

      les marchés sont correllés en effet.
      Ce n’est pas vraiment l’endroit pour expliquer la stratégie, et je précise que nous travaillons toujours le forex, mais en full auto avec des positions très courtes (vraiment très courtes!) et une exposition très faible, ce qui réduit d’autant l’exposition au risque, tant temporel que sur le volume.

      Les indices sont moins « manipulés » … Je m’arrête ici car c’est un sujet épineux et je ne peux pas dire tout ce que voudrais à ce sujet…

      Quoiqu’il en soit, même en manuel, je travaille des UT très courtes (graph en 1 min) ce qui réduit d’autant les chances d’être en position lors d’une news surprises et j’évite les heures de news annoncées.

      Maintenant, ce qui fonctionne pour moi n’est pas une parole d’évangile;)

  11. Bonjour Caroline,

    Bon article qui vous a permis de vous lâcher et bien sûr que vous avez raison. Ce qui me surprend, est que vous restiez sur le Titanic, de surcroît à proximité des cités « apaches » en banlieue parisienne. Vous n’êtes pas sans savoir que quand les sprinklers à pognons vont s’éteindre, cela va rugir dans le secteur. Et cela arrive, foi d’entrepreneur sise Socialie, qui va proposer bientôt à 15 personnes que Paul Emploi est la station terminus.

    Vous parlez le russe, car vous avez séjourné à Saint-Petersbourg un temps, me semble-il … Pourquoi n’y êtes vous pas restée ? Peur de la Poutinie ? Pourquoi ne pas y retourner ? C’est là-bas pourtant que l’avenir d’entrepreneurs est en train de se construire avec l’équivalent d’un Far EAST versus « Wild Wide West ».

    Pour ce qui est du Trading, nous en discuterons plus tard …

    Norden

    1. Bonjour Norden,

      Mes choix personnels… C’est une vaste question et vous comprendrez aisément que je ne vous livre pas la totalités de ces infos:)
      Pour faire court, j’ai en effet vécus 3 ans à St Petersbourg et je parle couramment Russe pourtant je ne souhaite pas vivre là-bas :
      J’aime pas le climat
      J’aime pas les bases relationnelles entre hommes et femmes
      J’aime pas les inégalités sociales grandissantes
      et bien d’autres choses…
      J’ai pourtant une grande affection pour le peuple Russe, courageux, franc , sans compromission et je pense qu’il a en effet un avenir plus radieux que le notre.

      Moi, je suis profondément latine, avec tout ce que cela implique et j’aime le peuple français dont je fais partie, dans sa bêtise ou sa fainéantise, dans sa diversité et sa tolérance, dans ses coups de gueules et ses revendications permanentes.

      Si je peux apporter de la valeur par mon action personnelle, aussi petite soit elle, je souhaite que ce soit chez moi, là où il y a ma famille, mes amis et mes racines, si tant est que j’en ai quelque part.
      La France tu l’aimes ou tu la quittes? J’ai envisagé de la quitter, mais au fond, je l’aime trop!

      Voila, c’était l’instant émotion;-)

  12. Bonjour Caroline,

    Dont acte. Comme vous je connais le peuple russe, car je m’y suis marié là-bas, pas à Moscou (sauf pour valider les papiers au consulat) mais dans une grande Métropole (1.6 Millions d’habitants) plus continentale qui ressemblait plus à Dakar avec une population blanche, la première fois que j’y suis allé en 2005.

    J’y ai aimé le climat avec de vrais saisons sur les bords de la Volga : l’air y est beaucoup plus sec qu’à Saint Petersbourg que je connais bien aussi.

    Le peuple russe est en effet très direct, festif et pragmatique. On y trouve en fait deux cultures : les traces de l’ex-URSS avec une population âgée et une jeunesse qui s’ouvre à notre « occidentalité ». Une classe moyenne se construit doucement. Mais il est vrai que nous sommes loin des standards sociaux de l’Europe occidentale.

    Quand on aborde la Russie avec des yeux de français, on voit tout de suite ce qui manque là-bas et comment ladite Russie s’y ouvre. En fait, c’est comme si nous savions ce qui va se développer sur ce territoire et comment le faire. Pour en revenir à cette métropole, j’y ai effectivement observé des changements très européens depuis mon premier séjour. Le business suit, notamment avec la coupe du monde de football prévue.

    Autre chose, quand on parle avec des russes instruits, ils connaissent la culture de l’Occident : ses acteurs, ses écrivains, son histoire. C’est véritablement déconcertant. Reconnaissons que c’est loin d’être le cas chez nous vis à vis d’eux et en particulier par les poncifs de notre presse native.

    Le peuple russe est fier de son pays et n’importe lequel de ses ressortissants se battra pour l’intégrité de sa nation. Poutine en est peut-être l’incarnation actuelle, suite au désastre subi par la Russie lors de l’ère Eltsine avec une dévaluation massive du rouble, lequel était un peu trop « clintonien ». Clinton qui a aboli le Glass-Steagall Act datant de 1933 pour ouvrir la voie aux Subprimes dont on a vu en direct les conséquences dès 2007. Bref de la socialie pur jus avec des nouveaux accédants à la propriété qui ne savent pas dans quoi ils s’engagent et qui reportent leur irresponsabilité contractuelle sur l’offrant alors qu’il n’avaient qu’à réfléchir avant de s’engager.

    La France que j’aimais était celle des seventies et des eighties. Quand tout était encore possible dans un relationnel fluide et direct sur lesquels mes parents indigents ont prospéré, sans toutes ces contraintes qui sont venues par ailleurs pour siphonner des créateurs au profit d’une caste (Cherchez sur l’indemnité de chômage des députés devenus non-élus avec JL Debré alors au perchoir) et d’une clientèle électorale amorphe ou pro-décroissance, dans l’attente de la soupe qui sera versée.

    Il y a quelques années, un journaliste a posé une question à Michel Charasse, ex-ministre de feu Mitterrand à Bercy : Quelle était ce que vous retiendrez de F. Mitterrand ? La liberté … C’est l’essence même de notre révolution en 1789 qui était aussi un pays des lumières peu avant avec l’Encyclopédie. Je n’ai pas d’affinité particulière avec F. Mitterrand, dont on connaît l’opportunisme politique.

    Bref encore, il y aurait tant de dires à soumettre. J’aime la France comme vous, car comme vous j’y ai grandi sans heurt. Le devenir de cette France m’inquiète véritablement. Le « Je suis Charlie » est comme l’acceptation qu’un cheval de Troie est dans nos murs. Notre société va muter avec sa diversité culturelle avec trois scénarios :

    – Rejet de l’ailleurs via une projection de l’intégrisme blanc catholique ou laïque ;
    – Mixité avec l’ailleurs et le respect des cultes divers et variés communautaristes ;
    – Emergence d’une nouvelle nation sans communautarisme ;

    Quel est votre scénario ? En mesurez-vous les conséquences ?

    Désolé Caroline, nous nous éloignons du Trading et de ses implications psychologiques. Dommage, car c’est ce que je préfère.

    Au plaisir.

    Norden

    1. En effet Norden, nous nous éloignons du sujet et je ne rentrerai pas dans l’opinion, plus que favorable que j’ai envers le peuple Russe:)

      Toutefois, votre question est intéressante dans son impact psychologique et comportemental ( vous avez vu avec quelle dextérité je recadre le débat?) : Quel est mon scénario?

      Eh bien, je n’en ai aucun!
      Non pas par fainéantise intellectuelle ou par manque d’intérêt, mais parce que j’ai la certitude que l’avenir n’est que surprise et que mes prédictions seraient fatalement fausses. Nous ignorons tant de choses! Ce n’ai pas une capitulation de le reconnaitre, mais du bon sens. Tout comme nous ne pouvons prédire l’attitude du marché, nous ne pouvons connaitre l’avenir de nos sociétés.

      Ce qui nous appartient, c’est ce que nous décidons de faire et comment nous le mettons en place. Pour le trading, cela passe par une gestion calculée , une méthode de travail et d’analyse efficiente; pour les choix de vie cela passe par une cohérence entre ce qui est important pour nous et notre environnement immédiat. Quand au devenir de notre pays, qui vivra verra!

      J’ai choisis de rester en France, en effet, alors que je pourrais partir n’importe où dans le monde: au bord d’une plage tropicale par exemple, un endroit où les impôts sont plus cléments, où je ferais du trading le matin et de la plongée l’après-midi… Une vie de rêve en somme; et pourtant, je ne veux pas de cette vie démissionnaire, je crois que je n’y trouverai pas l’énergie nécessaire et l’envie de me depasser. C’est mon choix.

      Petite fille de résistant déporté , il me plait de croire que si j’avais eu 30 ans en 1942, je n’aurais pas fuis mes responsabilités par rapport à mon peuple et à mon histoire. Je sais que ma présence ou mon absence ne change rien, que je suis insignifiante et que je n’ai aucun impact sur l’avenir de mon pays. Et pourtant, je crois que toute les bonnes volontés sont bonnes à prendre et que ma place est ici.

      Je suis née dans les années 70 alors, la France dont vous parlez, je ne la connais pas.

      Je porte pourtant avec moi tout ces hommes et ces femmes qui ont fait de notre pays ce qu’il est aujourd’hui, dans sa grandeur ou sa décadence, j’ai la chance d’être née au bon endroit, et je n’assumerai pas le fait de la quitter à cause d’un revers de fortune…

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